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P11 - Anomalies obstétricales chez les femmes cœliaques : à propos de 41 cas

Tagzout Dalila, Tebaibia Amar, Oumnia Nadia, Benfenatki Nacira

Introduction

Les patientes cœliaques non traitées ont, par rapport aux non cœliaques, une augmentation significative  du risque des complications de la grossesse : avortements répétés, retard de croissance intra-utérine, petit poids de naissance ou accouchement prématuré. Le but de ce travail était de préciser la prévalence des anomalies de la grossesse observées chez des femmes cœliaques et de déterminer le rôle du régime sans gluten (RSG).

Patients et Méthodes

Lors d’une étude prospective multicentrique, 154 patients cœliaques (112 F – 42 H) ont été suivi. Les femmes cœliaques ayant tenté de procréer ont été retenues pour l’étude. La population masculine (n=42) ainsi que  les femmes cœliaques sans volonté de grossesse (n=71), ont été éliminé. Quarante et une  femmes cœliaques ont été incluses à l’étude. Le nombre moyen de grossesses était de (4,6 ± 2,9) grossesses/femme avec nombres de grossesses extrêmes de [0 – 13] grossesses/femme. Le déroulement des différentes grossesses avant et/ou durant l’étude a été noté et les différents types d’accidents obstétricaux ont été décrits. 

Résultats

Vingt-deux (53,7%) des 41 patientes colligées avaient présenté au moins une des anomalies  de la grossesse. En effet,  4 patientes cœliaques ont présenté lors des grossesses consécutives 2 types d’anomalies: avortement- mort-né (n=2),  avortement- mort-in utéro (n=1), accouchement prématuré- mort-né (n=1), et une patiente a présenté 3 types d’anomalies de la grossesse : avortement, mort-in utéro, mort- né (n=1). Au total 28 anomalies obstétricales ont été notées dans la population cœliaque féminine durant la grossesse, ce qui permet d’estimer la prévalence de ces anomalies à  68,3% (28/41).   La prévalence des différents désordres était par ordre décroissant : les avortements à 46,3% (n=19), la mortalité néo-natale à 12,2% (n=5), la mortalité intra-utérine et les accouchements prématurés à 4,9% respectivement (n=2). La survenue des anomalies de la grossesse selon l’adhérence au RSG est résumée au tableau suivant :

 

Non adhérence au RSG

Adhérence au RSG

Total

Présence d’anomalies obstétricales

17     (68%)

5        (31,2%)

22      (53,7%)

Absence d’anomalies obstétricales

8       (32%)

11      (68,8%)

19      (46,3%)

Total

25     (100%)

16      (100%)

41       (100%)

 

Le taux d’anomalies obstétricales était significativement plus élevé dans le groupe non adhérant au RSG (68,2%) par rapport au groupe adhérant (31,2%) avec un p=0,02.

Conclusion

La maladie cœliaque est  associée à un risque important d’anomalies de la grossesse avec dans ce travail, une prévalence élevée des avortements. Ce risque est en rapport avec le non-respect du RSG.  Il faut donc insister sur l’intérêt de l’observance du RSG chez la jeune femme cœliaque.