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P19 - Efficacité d’un analogue de la somatostatine dans le traitement de la diarrhée réfractaire chez des patients atteints de neuropathie amyloïde familiale : une cohorte rétrospective

Pellat Anna, Collins Michael, Antoni Guillemette, Adams David, Carbonnel Franck

Introduction

La neuropathie amyloïde familiale (NAF) est une maladie génétique caractérisée par la synthèse d’une transthyrétine anormale qui s’accumule dans plusieurs organes, notamment dans les nerfs. Elle peut s’accompagner de symptômes gastrointestinaux, notamment de diarrhée chronique. L’octréotide a été proposé comme traitement de la diarrhée réfractaire de différentes causes mais n’a jamais été testé dans la NAF.

Objectif : Etudier l’efficacité de l’octréotide dans chez des patients atteints de NAF souffrant de diarrhée réfractaire.

Patients et Méthodes

Il s’agit d’une cohorte rétrospective incluant des patients atteints de NAF ayant une diarrhée chronique réfractaire, définie par des selles molles ou liquides (> 5 selon l’échelle de Bristol) ne cédant pas sous ralentisseurs du transit. Un traitement par octreotide 100µg x3/j était débuté en hospitalisation pour évaluer la tolérance immédiate, suivi d’un traitement d’entretien à J3 (Sandostatine LP 30mg ou somatuline LP 120 mg /28j). Le critère de jugement principal était le pourcentage de patients avec une consistance des selles ≤ 5 selon l’échelle de Bristol  à 3 ou 6 mois de traitement. Il a été testé contre l’hypothèse nulle d’une réponse théorique sans traitement de 20% (test exact basé sur la loi binomiale).  De plus, le nombre de selles par jour et la présence d’une incontinence à 3 ou 6 mois ont été comparés à l’évaluation pré-thérapeutique (tests appariés non paramétriques, respectivement Wilcoxon et Mac Nemar exact).

Résultats

Dix-sept patients ont été traités par octreotide pour diarrhée réfractaire. Parmi ces 17 patients, 12 ont été analysés (5 ont été exclus de l’analyse : 1 transplanté après 1 mois de suivi, 3 perdus de vue, 1 patient était traité par octreotide pour une tumeur neuroendocrine). Parmi ces 12 patients (dont 8 femmes), 8 avaient une NAF liée à une mutation ValMet30, 4 étaient transplantés hépatiques. La NAF était connue depuis une médiane de 45 mois [14-126], et la diarrhée évoluait depuis 44 mois [28-87]. Les selles à l’inclusion étaient  à 7 sur échelle de Bristol pour 9 malades, et à 6 pour 3 malades. Le nombre de selles était de 5,5 par jour [5-6], et 10 patients étaient incontinents. Après 3 ou 6 mois de traitement, 7/12 patients avaient une consistance de selle ≤5 selon l’échelle de Bristol  (58%,  IC95% [28% ; 85%], significativement différent de 20% : p=0.004). La médiane du nombre de selles par jour diminuait significativement, de 5.5 [Q1=5.0 ; Q3=6.0] en pré-thérapeutique à 1.8 [Q1=1.0 ; Q3=2.6] à M3-M6 (p=0.003). Parmi les 10 patients incontinents avant l’introduction du traitement, 6 le restaient à 3 ou 6 mois (p=0.13). 1 patient a dû interrompre le traitement pour hypoglycémie. Il n’y a pas eu d’autre effet secondaire notable.

Conclusion

Cette étude préliminaire suggère que l’octreotide améliore la diarrhée réfractaire des patients atteints de NAF.