JFHOD

P7 - Endomicroscopie confocale : bilan de la première année d'utilisation dans un service hospitalo-universitaire

Levy Michaël, Gagniere Charlotte, Le Baleur Yann, Esch Anouk, Charpy Cécile, Mesli Farida, Amiot Aurélien, Sobhani Iradj

Introduction

L'endomicroscopie confocale par minisonde (ECM) permet la visualisation microscopique des lésions endoscopiques au moyen d'une sonde laser introduite dans le canal opérateur de l'endoscope. Elle nécessite un apprentissage spécifique proche de la technique histologique. Le but de ce travail prospectif était d'évaluer la concordance entre le diagnostic proposé en temps réel par l'ECM et le diagnostic histologique définitif pendant la 1ère année d'utilisation de la technique en pratique courante.

Patients et méthodes

Du 06/01/2014 au 06/12/2014, 88 procédures d'ECM par Cellvizio (Mauna Kéa Technologies) ont été réalisées chez 87 patients subissant une endoscopie digestive avec biopsies par le même opérateur. Un entrainement à l'interprétation des images d'ECM a été effectué avant l'inclusion du premier cas sur le site cellvizio.net (training et tests de connaissances). Une injection de fluorescéine (2,5 cc) a été effectuée au préalable en IVD (en l'absence de contre-indication chez un patient prévenu et consentant, un formulaire de non-opposition ayant été signé). Le diagnostic proposé par ECM pendant la procédure était ensuite confronté au compte-rendu anatomopathologique. Ont été étudiées 31 lésions coliques (16 polypes, 2 pseudopolypes, 4 lateral spreading tumors, 2 tumeurs, 4 colites ulcérées et 4 pseudopolypes dans le cadre de MICI), 45 lésions gastriques (30 suivis de lymphome du MALT en rémission, 10 lésions érosives ou ulcérées sporadiques, 5 lésions polypoïdes), 7 lésions œsophagiennes (6 EBO, 1 tumeur), 4 polypes du duodénum, 1 kyste du pancréas.

Résultats

Le diagnostic ECM a pu être proposé dans tous les cas et il était concordant avec le diagnostic anatomo-pathologique dans 75 cas sur 88 (85%). Le kyste du pancréas a été identifié comme un cystadénome mucineux confirmé par l'histologie de la pièce opératoire. Les 13 lésions mal classées en ECM se répartissaient en 7 lésions non vues  (3 cas d'atrophie, 3 cas de métaplasie intestinale (MI) fundiques et 1 cas de dysplasie de bas grade (DBG) gastrique), 3 lésions sous-estimées (2 adénomes coliques en dysplasie de haut grade (DHG) en histologie mais classés en DBG en ECM et 1 EBO en DBG en histologie décrit avec MI en ECM), 2 lésions surestimées (une muqueuse gastrique normale en histologie étiquetée en DBG en ECM et 1 adénome colique en DBG en histologie considéré en DHG en ECM).

Conclusion

A l'issue d'une année de pratique de l'ECM par Cellvizio, la concordance entre le diagnostic endomicroscopique proposé et le diagnostic anatomopathologique final était de 85%. Les échecs diagnostiques concernaient essentiellement des lésions endoscopiques superficielles, non vues ou sous-estimées en ECM (non reconnaissance de l'atrophie gastrique et la métaplasie intestinale) et, dans une faible proportion, la capacité à différencier le degré de dysplasie (DBG versus DHG) au sein d'une lésion en relief colique. L'étape ultérieure devrait s'attacher à étudier l'influence de l'ECM sur l'attitude thérapeutique.