JFHOD

P21 - Evaluation rétrospective du score AHHS (Alcoholic Hepatitis Histologic Score) en routine Clinique

Abergel Armando, Teilhet Camille, Sevigne Luc, Abderrahmane Sarra, Pereira Bruno, Nicolas Carine, Lamblin Géraldine, Duron Cédric, Muti Léon, Fontarensky Mikaël, Joubert-Zakeyh Juliette

Introduction

Un score pronostique histologique de l'hépatite alcoolique, le score AHHS a été proposé en 2014 à partir d'une étude prospective. Le but de notre travail était d'évaluer la valeur de ce score dans une étude rétrospective. Les recommandations cliniques de prise en charge de l'hépatite alcoolique requièrent une confirmation histologique du diagnostic. Les hépatites aiguës graves, survenant souvent dans un contexte de cirrhose évoluée gardent un mauvais pronostic à court terme malgré les traitements avec une mortalité à 3 mois d'environ un tiers des patients. La sévérité de la maladie est actuellement évaluée par plusieurs scores clinico-biologiques.

Patients et méthodes

Le score AHHS a été évalué rétrospectivement sur les biopsies hépatiques initiales de 85 patients hospitalisés de 2010 à 2015 au CHU de Clermont-Ferrand pour hépatite alcoolique. La présence de stéatose, de plages d'hépatocytes non cohésifs et le nombre de corps de Mallory, qui n'entrent pas dans l'établissement du score, ont été relevés et de nombreuses données cliniques et biologiques ont été recueillies, dont les scores de Maddrey, le Child, le MELD, l'ABIC, le GAHS et le score de Lille.

Résultats

Bien que les caractéristiques démographiques et cliniques de notre population soient proches de celle de l'étude ayant permis la création de ce score, il n'existe pas de lien significatif entre l'AHHS et la survie à 3 mois et à 6 mois dans notre étude, alors que les différents scores clinico-biologiques prouvent tous leur efficacité dans la sélection de groupes de risque de mortalité à 3 mois. Aucun autre critère histologique ne semble prédictif de ce risque. De même, il n'existe pas de lien significatif entre l'AHHS et la survenue de complications pendant l'hospitalisation. S'agissant d'un travail rétrospectif, le délai entre l'admission et la biopsie hépatique n'était pas maîtrisé et il est très variable, allant de 24h à 21 jours, ce qui explique probablement la faible puissance du score histologique dans notre population. Par ailleurs ce score comprend un grade de fibrose qui est presque toujours de 3 chez les patients concernés et il dépend de la présence de mégamitochondries dont l'évaluation est peu reproductible.

Conclusion

Si la biopsie reste encore pour un temps le gold standard du diagnostic d'hépatite alcoolique, elle n'apporte pas d'information très pertinente sur le pronostic de la maladie ni sur son potentiel de sensibilité à la corticothérapie dans la pratique courante.