JFHOD

P3 - Experience initiale en myotomie per orale endoscopique (poem) : resultats fonctionnels, complications et evolutions de la procedure

Brochard Charlène, David Grégoire, Wallenhorst Timothée, Bruley des Varannes Stanislas, Ropert Alain, Coron Emmanuel

Introduction

La myotomie per orale endoscopique (POEM) est un traitement efficace de l'achalasie de plus en plus souvent proposé. Les centres pouvant la proposer sont encore peu nombreux. Le but de ce travail était d'évaluer les résultats fonctionnels, les complications et les évolutions de prise en charge des 20 premiers POEMs réalisés dans notre centre.

Patients et méthodes

Les données des patients ayant une achalasie, traitée antérieurement ou non, adressés pour POEM ont été évaluées dans ce travail. Une manométrie haute résolution était réalisée avant la myotomie. Le protocole comportait 10 déglutitions de 5 ml en position couchée, et l'ingestion rapide de 200 ml d'eau en position assise. Les données de manométrie suivantes étaient étudiées : pression de repos de la jonction œso-gastrique (JOG), pression de relaxation intégrée (PRI) moyenne, pourcentage de déglutitions suivies d'une pressurisation pan-œsophagienne et présence d'une pressurisation pan-œsophagienne après ingestion de 200 ml. Les troubles moteurs œsophagiens étaient définis selon la classification de Chicago v3.0. Les symptômes étaient évalués à l'aide du score d'Eckardt avant et un mois après la myotomie. Le pyrosis et la prise d'inhibiteurs de la pompe à protons à un mois ont été évalués. Les données de la réalisation de la myotomie ont été recueillies : durée et modalités de la procédure, suivi immédiat, complications et prise en charge.

Résultats

Les données pré myotomie étaient disponibles chez 20 patients (11 hommes, âge moyen 48±16 ans et les données pré et post myotomie (à un mois) étaient disponibles chez 15 patients. Trois patients (16%) avaient une achalasie de type I, 13 (68%) une achalasie de type II, 2 (11%) une achalasie de type III et aucun n'avait de variant. La JOG n'avait pas pu être franchie par le cathéter de manométrie chez 2 patients avant myotomie. Cinq patients avaient eu un traitement antérieur endoscopique (1 ou 2 dilatations pneumatiques). Le score d'Eckardt moyen le jour de la myotomie était de 7±2. Toutes les procédures ont été réalisées par un même opérateur (EC). La durée moyenne de la procédure était de 64±28 min ; 2 complications sont survenues (patient n°5 : médiastinite drainée chirurgicalement, patient n°15 : épanchement pleural réactionnel). Le patient n°5 avait perdu 25 kg, et la relecture des biopsies oesophagiennes réalisées avant le geste posait le diagnostic d'une oesophagite a éosinophiles. Ces 2 patients n'avaient pas eu de traitement endoscopique antérieur. Le traitement par myotomie était considéré comme un succès (score d'Eckardt <3) chez les 15 patients revus à 1 mois (100%). Un patient décrivait un pyrosis à un mois et prenait des inhibiteurs de la pompe à protons.

Conclusion

Ces données d'expérience préliminaire confirment l'efficacité clinique de la myotomie per orale endoscopique, au moins à court terme ; après relecture des bandes vidéos et revue en réunion morbi-mortalité (RMM) les risques de survenue de complications nous ont fait adapter le circuit de prise en charge ainsi que certaines étapes techniques de la procédure avec la proposition d'un nouvel algorithme thérapeutique qui sera présenté si le résumé est sélectionné.