JFHOD

P14 - Formation à l'endoscopie digestive : enquête nationale auprès des internes français en hépato-gastroentérologie.

Amiot Aurélien, Conroy Guillaume, Le Baleur Yann, Winkler Jerome, Palazzo Maxime, Treton Xavier

Introduction

Durant leurs quatre années de formation, les internes en Hépato-Gastroentérologie doivent acquérir une formation théorique et pratique en endoscopie digestive. Cette formation doit leur permettre d'être autonome pour les principaux actes d'endoscopie diagnostiques et thérapeutiques. Dans ce but, la recommandation est d'avoir réalisé 200 endoscopies hautes (EOGD), 200 coloscopies, 80 gestes d'hémostase endoscopique, 50 polypectomies, 15 gastrostomies per-endoscopique et 10 dilatations au ballonnet. Cependant ces seuils sont débattus, et ne garantissent pas à eux seuls, l'acquisition des compétences nécessaires.Le but de cette enquête était l'évaluation par les internes en Hépato-Gastroentérologie eux-mêmes, de leur formation théorique et pratique en endoscopie digestive et de leur compétence en endoscopie digestive. En dehors de l'estimation du nombre d'actes endoscopiques réalisés, cette enquête évaluait les facteurs perçus comme influent la qualité de la formation. Une éventuelle disparité de formation parmi les 7 inter-régions était également évaluée.

Matériels et méthodes

Entre juin et septembre 2016, tous les internes français inscrits au DES d'hépato-gastroentérologie, titulaires d'un diplôme de deuxième cycle obtenu en France, ont été sollicités pour répondre à un questionnaire électronique anonyme. Les 21 questions posées évaluaient l'accès aux formations théoriques et sur simulateurs, les conditions à la formation pratique sur patients, et la perception des compétences acquises. Des statistiques descriptives ont été utilisées. Les comparaisons ont été réalisées par test du chi-2 pour les variables nominales et par tests de Mann-Whitney ou ANOVA, pour les données paramétriques.

Résultats

291 internes sur un total de 484 (60%), ont répondu à l'enquête. Il s'agissait d'internes de sexe féminin dans 67,5% des cas, d'âge médian 27,2 ans (26,1-28,2) avec une ancienneté médiane de 4ème semestre d'internat en Hépato-Gastroentérologie (3-6). La proportion des internes en 1ère, 2ème, 3ème et 4ème année d'internat, représentaient respectivement 20%, 31%, 31% et 18%. Dans chacune des 7 inter-régions, plus de 50% des internes ont répondu (sauf le Nord à 48% de réponses). Seuls 40% des internes ont eu accès à une formation théorique et/ou sur simulateur ou modèle animal. La formation pratique était jugée plus accessible et plus importante dans les hôpitaux généraux que dans les hôpitaux universitaires (p<0.001). Seuls 49% et 35 % des internes de quatrième année atteignent les objectifs numériques pour les EOGD et les coloscopies. 62% et 57% des internes rapportaient avoir une maîtrise insuffisante de l'interprétation des lésions gastriques et coliques. Cependant une progression régulière des acquis était observée au cours des 4 ans de formation, sans disparité selon les inter-régions. Il existait une bonne corrélation entre le nombre de procédure endoscopique réalisé par les internes et leur niveau de compétence pour cette procédure (r>0,5) ; plus la procédure était difficile techniquement et plus la corrélation était élevée. L'accès à une activité dédiée à l'endoscopie digestive d'au moins 8 semaines au total était associé de façon indépendante à la réalisation de l'objectif d'un volume d'au moins 50 EOGD et 50 coloscopies par an. Les points négatifs rapportés par les internes étaient le manque d'accès à la FOGD dans 59% des cas et à la coloscopie dans 80% des cas. 36% des internes estiment avoir une formation théorique insuffisante. Aucune différence significative n'était notée d'une inter-région à une autre.

Conclusion

L'accès à une formation théorique et virtuelle préclinique est encore insuffisant, de même que l'acquisition des compétences en endoscopie digestive. L'enquête ne montre pas d'inégalité de formation en endoscopie selon les différentes inter-régions. Un accompagnement personnalisé et une évaluation régulière des acquisitions cognitives et techniques au cours des 4 ans de formation semblent nécessaires.