JFHOD

P8 - L’apport de la biopsie bulbaire dans la maladie cœliaque

Loudghiri Sara, Benelbarhdadi Imane, Essaid El Feydi Abdellah

Introduction

La maladie cœliaque (MC) est une entéropathie inflammatoire auto-immune qui correspond à une réponse immunitaire muqueuse inappropriée aux protéines du gluten. Son diagnostic repose surtout sur les lésions histologiques au niveau du 2ème et 3ème duodénum. Le but de ce travail préliminaire est de vérifier si les biopsies bulbaires peuvent améliorer le diagnostic de cette maladie.

Patients et Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective descriptive et analytique s’étalant sur une période de 3 ans incluant les malades suspects de maladie cœliaque et les malades cœliaques nécessitant un contrôle histologique durant cette période. Deux biopsies ont été effectuées dans le bulbe et quatre dans le duodénum. L’analyse statistique a été réalisée par le logiciel SPSS version 15.0. 

Résultats

Sur les 196 biopsies bulbaires réalisées, 44 biopsies bulbaires positives ont été retenues. L’âge moyen des malades était de 37ans (08-60ans). Il y avait 35 femmes et 9 hommes. Sur le plan clinique, 22 malades avaient une diarrhée chronique, 16 malades avaient des douleurs abdominales et 6 malades avaient un syndrome anémique. Chez les 17 malades connus porteurs d’une maladie cœliaque,  la FOGD de  contrôle réalisée  après un an de régime sans gluten avait montré que l’atrophie villositaire était similaire aussi bien dans le bulbe que dans le duodénum chez tous les malades alors que  la lymphocytose intraépithéliale (LIE) était plus élevé dans le bulbe que dans le duodénum chez 7 malades (41,17%), et similaire dans le bulbe et dans le duodénum chez 6 malades (35,3%). La FOGD a été réalisé dans un but diagnostic chez 27 malades, chez qui le diagnostic  de maladie cœliaque a été fortement suspecté. L’étude histologique des biopsies a montré que l’atrophie villositaire était présente uniquement dans le bulbe chez 2 malades (7,4%) alors qu’elle était similaire dans le bulbe et le duodénum chez le reste des malades. La LIE était significative uniquement dans le bulbe chez 05 malades (18,51%) permettant ainsi de poser le diagnostic de la maladie cœliaque et elle était  plus élevée dans le bulbe que dans le duodénum chez 08 malades (29,62%), et similaire dans le bulbe et dans le duodénum chez 14 malades (51,85%). L’étude statistique comparant la supériorité de  l’atrophie villositaire et de la LIE dans le bulbe aussi bien chez le groupe des malades suspects de maladie cœliaque (p=0,3) et les malades porteurs de cette maladie (p=0,2) était non significative et ceci est dû au nombre limité de nos malades.

Conclusion

Dans notre étude la biopsie bulbaire a permis de poser le diagnostic de maladie cœliaque uniquement chez 2 malades et ceci est du au nombre limité des patients inclus, alors que les biopsies au niveau du duodénum étaient négatives ce qui encourage  donc à rajouter 2 biopsies bulbaires afin d’optimiser la recherche des lésions histologiques