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P18 - Les colites microscopiques : à propos de 54 cas

Belhadj Maha, Alneaimi Khaled, Toumi Omar, Ben Jabra Sadok, Ben Khlifa Mohamed

Introduction

Les colites microscopiques regroupent deux entités : la colite lymphocytaire(CL) et la colite collagène (CC). Le motif de consultation le plus fréquent est une diarrhée chronique ou des douleurs abdominales non spécifiques. Le diagnostic de colite microscopique repose sur l’examen histologique. Notre but était d'analyser les aspects épidémiologiques, cliniques et histologiques des malades suivis pour une colite microscopique et de préciser les modalités thérapeutiques et évolutives.

Patients et Méthodes

C’est une étude rétrospective colligeant tous les patients ayant une colite microscopique diagnostiquée sur une période de 14 ans allant de Janvier 2001 à Janvier 2014.

Résultats

Cinquante quatre patients ont été colligés : 32 colites collagènes et 22 colites lymphocytaires. L’âge moyen des patients était de 48 ans. Le sexe ratio était de 0.86 (29 femmes et 25 hommes). 53.1% des patients ayant une CC étaient tabagiques contre 13.6% pour les colites lymphocytaires. La coloscopie était pratiquée dans le cadre d’exploration d’une diarrhée chronique chez 96 % des patients. Elle était normale chez 90% des malades et un aspect congestif dans le reste des cas. Pour les CC, l’épaisseur moyenne de la membrane basale était de 13.2 µm (Extrêmes de 10 µm à 20 µm). Pour les colites lymphocytaires le nombre moyen des lymphocytes intra-épithéliaux était de 25% (Extrêmes de 20 à 50 %). L’association à une pathologie auto-immune a été notée dans 7 cas soit 12.9% des patients. Un facteur déclenchant à type de prise médicamenteuse a été signalé dans 3 cas et une infection digestive a été notée dans 2 cas. Le traitement était : des ralentisseurs de transit dans 26% des cas, des salicylés dans 50%des cas, un seul patient a reçu du budosénide. L’abstention thérapeutique était envisagée dans 22% des cas. L’évolution était bonne chez 90% des malades dès la première prescription. Quatre patients ont eu recours à une association lopéramide-salicylé avec évolution favorable. Un cas de maladie de Crohn a été diagnostiqué ultérieurement à la suite d’une récidive symptomatique.

Conclusion

 Les colites microscopiques ne sont pas rares au cours des diarrhées chroniques. Leur étiopathogénie reste mal connue. La bénignité habituelle des colites microscopiques justifie un traitement médicamenteux selon une stratégie progressive. Une enquête médicamenteuse est importante dans la prise en charge de toute colite microscopique.