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P10 - Maladie cœliaque et PICA chez l’adulte, une association rare : à propos de 45 cas

Derghal Khelifa, Derghal Rachida, Bounecer H, Djenouni A, Bendali Amor Fouzia, Mallem D, Sadelaoud M

Introduction

Le pica est l’ingestion compulsive, répétée et régulière de substances alimentaires ou non. Il s’agit essentiellement d’ingestion de  terre ou d’argile (géophagie), de cailloux ou plâtre (lithophagie), de cheveux (trichophagie), de bois (phytophagie), de riz (rizophagie) ou de glaçons (pagophagie).La géophagie est fréquemment associée à la carence martiale mais  exceptionnellement décrite  associée à une maladie cœliaque (MC). Nous nous sommes donc intéressés à cette  association dans notre région au nord est algérien et nous  en avons colligés  45 cas, que nous rapportons dans ce travail.

Patients et Méthodes

Population d’étude: tout patient ayant consulté au cabinet Dar Essalem spécialisé  en  Hépato gastroentérologie rapportant la notion de pica à l’anamnèse et ayant bénéficié  de la pratique d’une endoscopie digestive haute avec biopsies duodénale, et dont l’étude histologique a retrouvé une atrophie villositaire totale ou subtotale (n=45).

Type  d’étude : c’est une étude rétrospective descriptive exhaustive ayant colligée entre Janvier 2004 et  septembre 2015 (11ans) des patients suivis  dans notre cabinet de gastroentérologie pour MC. Notre travail à consisté à determiner les caractéristiques socio-démographiques   (l'âge, le sexe, les antécédents), les signes cliniques et les explorations biologiques, la  pratique  d’une   endoscopie digestive haute avec biopsies duodénale  et la recherche de maladies associées. L’analyse des résultats est réalisée par Epi info 3.5.3  et SPSS 22.    

Résultats

45  cas ont été répertoriés sur 230 MC soit un taux de 19,56% avec nette prédominance féminine : Sex-ratio (H /F) de 0,02, âge moyen de  29,94  ans (17 – 59).  40 patients (88,9%) ont moins de 40 ans. Tous les patients ont été suivis au moins un an (1-8) avec  une durée moyenne de suivi de  2,15 ans .La symptomatologie remonte à l’enfance  dans 10 cas (22,2%).Des cas familiaux ont été notés  dans deux cas (4,4%). Comme type de pica observé, nous notons  la géophagie dans 36 cas (80%), la lithophagie dans 9 cas (20 %), la pagophagie dans un cas (2,22%) et la prise de peinture dans deux cas (4,44%). Nous n’avons pas observé  de trichophagie. Concernant le type de MC, nous avons observés 55,6 %  de formes classiques et 44,4%  de formes atypiques. Sur le  plan clinique ,l’anémie est observée dans 19 cas  (42,2 %) , La diarrhée chronique dans 16 cas (35,6% ), les douleurs abdominales dans 9 cas  (20%) , un syndrome de malabsorption dans 8 cas (17,8 %), l’aphtose buccale dans 4 cas ( 8,8%) et l’amaigrissement  seulement dans un cas ( 2,2 %)g .L’ostéomalacie n’a été notée que dans deux cas (4,4 %). La gastrite mamelonnée à HP n’a été notée que  dans 13 cas (28,9%).L’aspect duodénal en mosaïque est retrouvé chez tous les patients. L’atrophie villositaire était totale dans 41 cas (91,1 %)  et subtotale dans 4 cas (8,8 %).La recherche de maladies associées  retrouve, une parasitose dans 4 cas (8,8%)  (oxyurose dans  3 cas et ascaris dans un cas) , un syndrome dépressif dans  4 cas (8,8%) , avortement a répétition dans  4 cas (8,8%) , un diabète de type1 dans un cas (2,2%) , une endocrinopathie dans deux cas (4,4%) (Une hypothyroïdie et une hyper parathyroïdie), un cas de colite  lymphocytaire (2,2%) et un cas de tétanie (2,2%). Il n’a pas était observé de néoplasie ou de décès durant le suivi.

Conclusion

Dans notre région, la géophagie semble être le pica le plus fréquemment associé à la MC. Cette association ne semble pas favoriser l’ostéomalacie. Une étude  sur une cohorte  plus importante est nécessaire  pour corroborer ses résultats.