Cancer colorectal métastatique : le nombre de métastases hépatiques ne doit pas être un frein à une chirurgie à visée curative
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Domaine concerné :
Thérapeutique
Degré d’innovation :
Important
Avancement :
Faisabilité technique
Impact patient :
Impact soin :
Important
Intérêt :
arrivée dans la pratique :
Immédiat
 
 
rédacteur :
Professeur Sylvain MANFREDI
enthousiasme :
 
 
14/11/2017
 
  Sujet :  
 
  Cancer colorectal métastatique : le nombre de métastases hépatiques ne doit pas être un frein à une chirurgie à visée curative  
 
  Plus le nombre de métastases hépatiques est élevé plus les chances de résection à visée curative diminuent. Le plus souvent les patients porteurs de plus de 10 métastases ne sont pas proposés pour une résection.


L’étude de Allard et al. a étudié le devenir à long terme de patients porteurs de 10 métastases ou plus réséquées et a recherché des facteurs pronostiques. Les données sont issues de la cohorte LiverMetSurvey qui collige tous les patients opérés de métastases hépatiques de CCR de centres experts. Parmi les 12 406 patients enregistrés de 2005 à 2013, 529 (4,3%) présentaient 10 métastases ou plus.
La survie globale de ces patients réséqués était de 30% à 5 ans.
 
La résection macroscopiquement complète (RO ou R1), obtenue dans près de 73% des cas était le facteur pronostique le plus important, avec une survie à 3 et 5 ans respectivement de 61% et 39% contre respectivement de 29% et 5% pour les résections macroscopiquement incomplète (R2) ou en cas de non résection (p<0.0001). En analyse multivariée le caractère macroscopiquement complet de la résection augmentait de 65% les chances de survie prolongée (HR=0.35 ; 95%CI: 0.26-0.48). Les autres facteurs pronostiques indépendants étaient la taille max de la plus grosse métastase <40mm (HR=0.67 ; 95%CI : 0.49-0.92), l’âge <60ans (HR=0.66 ; 95%CI : 0.50-0.88), la réalisation pré-opératoire d’une IRM (HR=0.65 ; 95%CI : 0.47-0.89), et l’administration d’une chimiothérapie (HR=0.73 ; 95%CI : 0.55-0.98).
 
Conclusions : une survie prolongée peut être obtenue chez certains patients réséqués de 10 métastases hépatiques ou plus, sous condition que cette résection soit macroscopiquement complète. Les patients jeunes, porteurs de métastases pas trop volumineuses, ayant eu de la chimiothérapie et un bilan pré-opératoire précis en tire le plus de bénéfice.
 
 
Commentaires
 
 

L’analyse de cette série issue de la cohorte LiverMetSurvey, issue de centres hyperspécialisés en chirurgie hépatique, montre que le nombre élevé de métastases hépatiques ne doit pas être un critère absolu pour ne pas envisager une résection à visée curative.

La sélection de ces patients doit être drastique : patients jeunes, maladie contrôlée par la chimiothérapie, métastases pas trop volumineuses et bilan préopératoire le plus précis possible, par IRM, limitant le risque de résection R2 ou de non résection.

En pratique cela implique une rigueur dès la prise en charge initiale de ces patients présentant d’emblée une maladie agressive mais qui reste potentiellement traitable à visée curative pour certains. La RCP doit s’attacher à repérer ces patients, très sélectionnés, rares, et exiger un bilan initial complet. L’avis d’un chirurgien hépatique expert devrait être pris pour tout patient présentant des métastases hépatiques.

 
 
  Références :  
 
Titre :   Cancer colorectal métastatique : le nombre de métastases hépatiques ne doit pas être un frein à une chirurgie à visée curative
Titre original :   Long-term outcomes of patients with 10 or more colorectal liver metastases
Auteurs :   Allard MA, Adam R, Giuliante F, Lapointe R, Hubert C, Ljzermans JNM, Mirza DF, Elias D, Laurent C, Gruenberger T, Poston G, Letoublon C, Isoniemi H, Lucidi V, Popescu I, Figueras J
Source :   Article
Revue :   British Journal of Cancer
Références biblio. :   Br J Cancer. 2017 Aug 22; 117(5): 604-611. doi: 10.1038/bjc.2017.218. Epub 2017 Jul 20
 
     
     
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