Effets secondaires en cas de prise d’IPP au long cours : plus de peur que de mal….
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Domaine concerné :
Thérapeutique
Degré d’innovation :
Faible
Avancement :
Non validé
Impact patient :
Impact soin :
Moyen
Intérêt :
arrivée dans la pratique :
Futur proche
 
 
rédacteur :
Docteur Pauline JOUET
enthousiasme :
 
 
21/09/2017
 
  Sujet :  
 
  Effets secondaires en cas de prise d’IPP au long cours : plus de peur que de mal….  
 
 

Il existe une inquiétude croissante sur les risques de la prise au long cours d’IPP, de multiples effets secondaires ayant été rapportés aussi bien digestif (pullulation bactérienne, infection du liquide d’ascite, colite microscopique, colite infectieuse) qu’extra-digestifs (cardiovasculaire, neurologique, auto-immun, rénal, hématologique, pneumologique, osseux…). Association fortuite ou causalité ? 

Cette étude s’est basée sur les critères de Hill étudiant entre autres la force, la constance, la spécificité, la temporalité et le caractère plausible des associations rapportées. La plupart des études sur le sujet sont observationnelles et rapportent une association faible entre les potentiels effets secondaires et la prise d’IPP. Les risques décrits ne paraissent le plus souvent pas cliniquement significatifs, ou peuvent être en rapport avec des facteurs confondants. Les patients prenant des IPP ont souvent des  comorbidités associées pouvant expliquer certaines complications. Certaines associations comme l’augmentation du risque de fracture de hanche, de pneumopathie infectieuse ou d’infection du liquide d’ascite sont peu plausibles car retrouvées inconstamment dans les études. Les cas d’hypomagnésémie et de rhabdomyolyse décrits pourraient aussi être dus à des facteurs confondants comme la prise de diurétiques ou de statine.

Les auteurs concluent à un risque global faible de complications liées à la prise d’IPP au long cours, et à la nécessité de faire des méta-analyses et des études post-marketing randomisées contrôlées pour mieux évaluer ces risques.

 
 
Commentaires
 
 

L’inquiétude générée par les potentiels effets secondaires rapportés chez des patients traités par IPP nous fait parfois oublier l’intérêt de ces traitements qui ont révolutionné la prise en charge de certaines pathologies comme le reflux gastro-oesophagien. Le bon sens  consiste comme toujours à ne prescrire les IPP que dans les indications pour lesquelles un bénéfice a été démontré et à la dose thérapeutique minimale. Les auteurs relativisent les différents effets secondaires rapportés par des études quasi exclusivement observationnelles avec des risques le plus souvent cliniquement non significatifs. N’ayons donc pas peur de prescrire un traitement par IPP au long cours lorsqu’il est indiqué ! 

 
 
  Références :  
 
Titre :   Effets secondaires en cas de prise d’IPP au long cours : plus de peur que de mal….
Titre original :   Complications of Proton Pump Inhibitor Therapy
Auteurs :   Vaezi MF, Yang YX, Howden CW
Source :   Article
Revue :   Gastroenterology
Références biblio. :   2017 Jul;153(1):35-48
 
     
     
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