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18/08/2020

Décès du Docteur Philippe CASSAN

Le Docteur Philippe CASSAN est décédé le 30 juillet, à 76 ans, de l’évolution implacable d’une maladie diagnostiquée moins d’un an plus tôt.

 Originaire d’une famille protestante de la région nîmoise, il avait fait ses études à Paris, puis médecine. Externe puis interne des hôpitaux de Paris en 1969, il avait fait un internat polymorphe marqué notamment par un service militaire à Dakar, de la médecine interne dans le service de Claude BETOURNE avec Roger LEVY, de la réanimation avec André MARGAIRAZ, et de l’hépato-gastroentérologie principalement dans le service de Jean-Pierre ETIENNE. Il avait été ensuite chef de clinique dans l’aile gastroentérologique du service de médecine interne d’Ambroise Paré. Excellent enseignant au lit du malade, il  a été aussi le conférencier d’internat de nombreux collègues dont Thierry POYNARD. Il a ensuite quitté Paris pour exercer comme chef de service d’HGE à l’hôpital général, d’abord à Rodez, puis à Vichy où il a terminé sa carrière professionnelle. Il avait été un des fondateurs de l’Association Nationale des Gastroentérologues des Hôpitaux Généraux (ANGH) dont il fut le second président, après Jacques LAFON, et membre du bureau de l’association de formation continue en hépato-gastroentérologie (FMC-HGE).

Les membres du conseil d’administration  adressent au nom de la Sociétéà son épouse, à sa famille et à ses nombreux amis leur très sincères condoléances.

Au revoir, Philippe

Quelques jours avant de nous quitter, Philippe m’avait dit : « Le jour de mon enterrement je ne veux pas qu’on fasse mon panégyrique. » D’accord, Philippe, je t’obéirai, mais je ne peux réduire un demi-siècle de vie médicale commune à quelques mots : la fac ensemble, des stages d’externe communs, une même spécialité choisie et, je n’ai pas oublié :  nous étions tous deux candidats au poste de chef de clinique chez Jean-Pierre Etienne à Clamart. De cette concurrence, il n’en est ressorti aucun sentiment de rivalité. Que de l’amitié. Et quand l’association des gastroentérologues des hôpitaux généraux, l’ANGH, a pris son véritable essor, je t’ai proposé à d’en être le président, tu m’as répondu : « A condition que tu en sois le vice-président. »

Philippe, c’était cela, un homme clair, honnête, un médecin aussi efficace que modeste qui a donné beaucoup de lui-même pour faire du service de gastroentérologie de Vichy, un service de pointe, pour transmettre son savoir aux plus jeunes par la formation médicale continue, et pour faire de notre association, l’ANGH, une association aussi dynamique qu’amicale. Avec sa grande taille, son sourire malicieux, son regard franc, son accent qui venait de je ne sais d’où, Philippe restera pour moi, pour nous tous, l’exemple d’un médecin rigoureux, d’un vrai serviteur du service public, le souvenir d’un ami drôle et fidèle. Docteur Denis Labayle, médecin des hôpitaux retraité

 

Philippe Cassan nous a quittés.

Son départ n’est pas anecdotique, quand bien même sa modestie le poussait à minimiser sa présence parmi nous. Je l’ai connu et découvert à mon premier choix d’interne, dit à l’époque indifférencié, au CHG de Rodez. Il était chef de service d’hépato-gastroentérologie. Son enthousiasme affectueux, sa rigueur médicale, l’acuité de son observation clinique m’ont convaincu que la meilleure route était celle de praticien hospitalier dans un centre hospitalier général, même si l’avenir m’a fait un peu diverger de cette voie. Il avait une présence incroyable et rassurante quand on était un jeune médecin. Je l’ai ensuite croisé, des années plus tard, dans plusieurs instances où il se donnait pour le bénéfice des autres, à travers l’ANGH, avec toujours les mêmes qualités. Je lui avais rappelé que son contact avait décidé de mon orientation professionnelle et de mes rapports avec les patients. Il avait presque paru étonné, tant il avait si peu de considération pour lui-même et ce qu’il était.

Philippe est donc parti, mais son action et son comportement médical restent à travers ceux qui l’ont approché et ont appris de lui une certaine idée de la valeur essentielle de notre corporation, le compagnonnage. A nous et à  ses nombreux amis, attachés à l’homme, de les poursuivre. Professeur Marc BARTHET, hôpital Nord, Marseille