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CO.079 - Acceptabilité des différentes modalités d’administration des traitements chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) : résultats de l’étude multicentrique ACCEPT II

A. Buisson, M. Fumery, M. Serrero, L. Orsat, S. Nancey, P. Rivière, R. Altwegg, L. Peyrin-Biroulet, M. Nachury, X. Hébuterne, C. Gilletta de Saint-Joseph, M. Flamant, S. Viennot, G. Bouguen, A. Amiot, S. Mathieu, L. Vuitton, L. Plastaras, A. Bourreille, L. Caillo, F. Goutorbe, M. Fumery, G. Pineton de Chambrun, B. Pereira, B. Pariente

Introduction

La prise en charge des patients atteints de MICI nécessite encore à l’heure actuelle le maintien de traitements au long cours. L’arrivée prochaine de nouvelles classes thérapeutiques avec différentes modalités d’administration, mais dont l’efficacité et le profil de tolérance sont assez proches, fait de l’acceptabilité des traitements un élément central dans la décision thérapeutique. L’objectif de notre étude était d’évaluer l’acceptabilité des différentes modalités d’administration des traitements chez les patients atteints de MICI et les facteurs pouvant potentiellement l’influencer.

Patients et Methodes

Des patients atteints de MICI vus consécutivement pendant six semaines dans 24 centres français privés ou publics ont répondu à un questionnaire construit, testé et validé spécifiquement pour cette étude. L’acceptabilité des modalités d’administration des traitements a été évaluée par des échelles numériques (EN) variant de 0 (absolument pas acceptable) à 10 (parfaitement acceptable) et comparée par des tests appariés (les différences étaient significatives si p < 0,001 du fait de comparaisons multiples).

Résultats

Au total, 1850 patients (65,9 % de maladie de Crohn) d’âge moyen de 41,0 ± 14,7 ans ont été inclus dont 22,2 % se considéraient en poussée de leur MICI. 9 % des patients n’avaient aucun traitement, 44,5% recevaient des traitements intraveineux (IV), 29,2% des traitements sous-cutanés (SC) et 17,3% une monothérapie orale.

La voie d’administration préférée (EN) par les patients était la voie orale (8,68 ± 2,52), suivie de la voie SC (7,67 ± 2,94), puis de la voie IV (6,79 ± 3,31) (p < 0,001 pour toutes les comparaisons). Leur premier choix serait la voie orale dans 65,8% des cas, la voie SC dans 21,4% et la voie IV dans 12,8%.

Le principal facteur diminuant l’acceptabilité des perfusions IV était l’obligation de venir à l'hôpital (63,0%). Aucun ne diminuait notablement l’acceptabilité de la voie SC. Les facteurs qui diminuaient l’acceptabilité des traitements oraux étaient la crainte d'oublier la prise du médicament (30,5%), le nombre de prises par jour (28,4%) et le fait que la prise quotidienne du médicament rappelle tous les jours la maladie (24,8%). En analyse multivariée, les facteurs associés à une meilleure acceptabilité de la voie IV était le fait que le patient se considère en poussée (p=0,003) et le fait de recevoir un traitement par voie IV (p< 0,001). Les facteurs associés à une meilleure acceptabilité de la SC était un suivi dans le privé (p=0,006) et le fait de recevoir un traitement par voie SC (p < 0,001). Ceux associés à une meilleure acceptabilité des traitements oraux étaient le sexe masculin (p=0,018), le niveau d’étude (p < 0,001) et le fait de recevoir un traitement par voie orale (p=0,002).

Parmi les 1850 patients, les modalités les plus acceptables étaient (EN moyenne ; toutes les différences sont significatives avec p < 0,001, sauf si précisé): SC /12 sem (8,5 ± 2,9), SC/8 sem (8,1 ± 2,9), PO x 1/j (7,8 ± 3,0), SC/4 sem (7,3 ± 3,1), IV/8 sem (6,6 ± 3,3), SC/2 sem et PO x2/j (6,2 ± 3,5 et 6,0 ± 3,7; différence non significative (ns)), SC/sem (5,1 ± 3,7), et IV/4 sem (4,2 ± 3,4 ). Aucune différence notable n’était observée entre MC et RCH. En revanche, les traitements reçus antérieurement impactaient grandement l’acceptabilité. Chez les patients naïfs de biothérapies (n= 315), les modalités les plus acceptables étaient (toutes les différences sont significatives avec p < 0,001, sauf si précisé): PO x1/j (8,8 ± 2,2), SC/12 sem (7,9 ± 3,0), SC/ 8 sem et PO x2/j (7,2 ± 3,2 et 6,9 ± 3,4; ns), SC/4 sem (6,2 ± 3,4), SC/2 sem et IV/ 8 sem (5,1 ± 3,4 et 5,0 ± 3,5 ; ns), SC/sem (4,3 ± 3,7) et IV/4 sem (3,0 ± 2,9) (Figure 1).

La perte d’efficacité acceptable par les patients pour obtenir une modalité d’administration plus acceptable était de de 5,2% (permettant de définir la borne de non-infériorité des essais thérapeutiques). Le gain d’efficacité nécessaire pour accepter le traitement le moins acceptable était de 13,3 %.

Discussion

Conclusion

Bien que la voie orale soit préférée par les patients atteints de MICI, l’acceptabilité des traitements est largement impactée par le rythme d’administration et les traitements préalables. Nos résultats, provenant d’un large échantillon, pourront être utiles aux cliniciens pour guider leur décision thérapeutique en pratique quotidienne.

Remerciements

X Roblin, A Attar, J Filippi, D Laharie, C Trang, M Dodel, D Coban