JFHOD

P.323 - Achalasie et ses sous-types : similitudes et différences

T. Surdea-Blaga, L. David, D.L. Dumitrascu

Introduction

Les trois types manométriques de l'achalasie sont considérés par certains auteurs comme différentes étapes de l'évolution du même trouble. Dans cette optique, notre étude avait pour objectif de mettre au point une caractérisation clinique et manométrique des patients atteints d’achalasie et de rechercher les principales différences entre les trois types d’achalasie.

Patients et Methodes

Nous avons étudié de manière rétrospective les enregistrements (n=202) de manométrie œsophagienne haute résolution avec topographie de pression (MOHR-TP) réalisés dans notre service dans la période novembre 2015- juillet 2018, et nous avons sélectionné tous les patients présentant un aspect manométrique d’achalasie, sur la base de la dernière classification de Chicago. Un questionnaire standardisé a été utilisé avant chaque manométrie pour enregistrer des données concernant les symptômes, le début, le poids, la taille et les traitements antérieures. Les paramètres de MOHR-TP (pression du sphincter inférieur de l’œsophage (SIO) au repos, pression de relaxation intégrée (PRI), longueur de l'œsophage, longueur du SIO, proportion des déglutitions avec pressurisation pan-œsophagienne, relaxation du SIO) ont été enregistrés, et comparés entre les trois types d’achalasie, on utilisant le logiciel EpiInfoTM. Avec notre system de manometrie (sonde Unisensor), un PRI > 28 mmHg était considère pathologique.  

Résultats

Au total, 121 patients avaient un aspect manométrique d’achalasie. Nous avons exclu 24 patients,  22 patients ayant déjà reçu un traitement pour achalasie, un patient avait déglutitions insuffisantes pour analyse (< 8) et un autre avait une œsophagite à éosinophiles. Quatre-vingt-dix-sept patients ont été considérés des nouveaux cas, dont 48 (49,4%) étaient des femmes. L'âge moyen était de 47,3 ± 15,5 ans (extrêmes 14 à 83 ans), avec 58,8% des patients âgés de moins de 51 ans et 12,4% des patients âgés de plus de 65 ans. Quarante-neuf patients (50,5%, 22 femmes) présentaient une achalasie de type I, 45 patients (46,4%) (25 femmes) une achalasie de type II et 3 patients (3,1%, 1 femme) une achalasie de type III. Vingt-trois patients (23,7%) avaient une PRI normale (< 28 mmHg) et étaient répartis de manière égale entre les types I et II.

La dysphagie était le symptôme le plus fréquemment signalé (97,9%), suivie de toux (64,9%), des éructations (61,2%), des douleurs thoraciques (39,0%), des pyrosis (33,0%) et des régurgitations (23,7%). La durée médiane de la dysphagie était de 14 mois (intervalle de 2 à 120 mois). Les symptômes, l'âge, l'indice de masse corporelle (IMC), la longueur de l'œsophage, la longueur du SIO, les relaxations du SIO et la durée des symptômes n'étaient pas différents entre l'achalasie de type I et de type II.

Les patients atteints d'achalasie de type II présentaient des pressions de repos du SIO plus élevées que les patients atteints d'achalasie de type I (66,4 ± 21,7 mmHg vs 55,4 ± 23,5 mmHg, p = 0,02) et avaient tendance à avoir des valeurs de PRI plus élevées par rapport aux patients avec achalasie de type I (46,6 ± 16,3 mmHg vs 39,8 ± 16,5, p = 0,05). Les patients présentant une pressurisation de plus de moitié des déglutitions (n = 28, 62,2%) présentaient des valeurs de SIO plus élevées (70,3 ± 23,3 mmHg vs 52,5 ± 20,1 mmHg, p = 0,01) et des valeurs plus élevées pour l'PRI (49,0 ± 18,7 vs 36,6 ± 14,2 mmHg, p = 0,024), comparé aux patients avec pressurisation dans moins de 50% des déglutitions. 

Discussion

Conclusion

L’achalasie type I a eu les mêmes caractères démographiques et cliniques que l’achalasie type II.  L’achalasie de type III a été rarement observée dans cette étude, possible du a différences régionales en ce qui concerne la prévalence d’achalasie et de ses sous-types. La dysphagie a été très fréquente, la toux a été présent chez la moitié des patients, alors que les symptômes de reflux n'étaient signalés que par un tiers des patients. Les patients atteints d'achalasie de type II présentaient une pression de repos du SIO et une PRI plus élevées que les patients présentant une achalasie de type I.  

Remerciements