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CO0 - Activation de lymphocytes T CD4+ effecteurs via l'interaction épithéliale entre MICA et NKG2D au cours de la maladie de Crohn

Allez Matthieu, Tieng V, Nakazawa A, Dulphy N, Gornet JM, Charron D, Lémann Marc, Mayer L, Toubert A
Introduction

Les maladies inflammatoires de l'intestin (MICI), maladie de Crohn (MC) et rectocolite hémorragique (RCH), sont caractérisées par une réponse immune non contrôlée vis à vis de la flore intestinale. Les cellules épithéliales intestinales (CEIs) et les composants de l'immunité innée sont impliqués dans la pathogenèse de la MC. Le rôle des lymphocytes T est également démontré dans les modèles animaux d'inflammation intestinale et dans la MC. MICA est une molécule de classe Ib exprimée par les CEIs dont l'expression est induite par certaines souches bactériennes adhérentes. L'expression de MICA semble augmentée au cours de la MC. L'interaction de MICA avec son ligand NKG2D pourrait favoriser l'activation des lymphocytes T. Objectifs de l'étude : étudier l'expression de MICA sur les CEIs au cours des MICI et le rôle des interactions entre MICA et NKG2D dans l'activation des lymphocytes T.

 

Matériels et Méthodes

Les CEIs et les lymphocytes T de la muqueuse étaient isolés chez des patients atteints de MC (n = 9), de RCH (n = 3) et des sujets contrôles (n = 7). Les lymphocytes T périphériques étaient isolés chez des patients atteints de MC (n = 9), RCH (n = 4) et des sujets contrôles (n = 16). Des lymphocytes T périphériques marqués par CFSE étaient mis en culture avec des CEIs de patients atteints de MC (n = 10), de RCH (n = 7) et de sujets contrôles (n = 7). Les analyses étaient effectuées en cytométrie de flux. Des clones de lymphocytes T exprimant NKG2D ou non (isolés de patients atteints de MC) étaient mis en culture avec des lignées épithéliales exprimant MICA.

 

Résultats

21 ± 14 % des CEIs isolées chez les patients atteints de MC exprimaient MICA vs 6,8 ± 8,2 % chez les sujets contrôles (p = 0,02), avec une augmentation également significative de l'intensité de fluorescence. L'expression de MICA était augmentée dans les zones inflammatoires par rapport aux zones non inflammatoires. L'expression de NKG2D étaient augmentée sur les lymphocytes T CD4+ de la lamina propria par rapport aux sujets contrôles. Des lymphocytes T CD4+ exprimant NKG2D étaient mis en évidence dans le sang des patients ayant une MC active (9,2 ± 8 %), mais absente du sang périphérique des patients ayant une RCH ou des sujets contrôles (0,9 ± 0,4 %) (p = 0,01). Ces lymphocytes CD4+ NKG2D+ avaient un phénotype unique (CD28-, CD57+, α4β7+, α4β1+, perforine+) et un profil cytokinique de type Th1 (TNFα, IFNγ). Chez les patients opérés, on observait une diminution significative de cette population après résection intestinale. In vitro, la co culture de lymphocytes T avec des CEIs de patients atteints de MC induisait l'expansion de lymphocytes CD4+ exprimant NKG2D. Cette expansion était inhibée par la pré-incubation des CEIs avec un anticorps monoclonal anti MICA. La culture des clones CD4+ NKG2D+ en présence de lignées exprimant MICA induisait une forte production d'IFNγ.

 

Conclusion

MICA, surexprimé par l'épithélium intestinal au cours de la MC, est impliqué dans l'expansion d'une population de lymphocytes T CD4+ effecteurs. Cette interaction entre CEIs et lymphocytes T CD4+ via MICA-NKG2D souligne les liens entre immunité innée et adaptative.