JFHOD

CO0 - Adénocarcinome du cardia : l'approche chirurgicale est un facteur pronostique dans les tumeurs de type II

Munoz-Bongrand N, Lamblin A, Tiret E, Parc R, Paye F
Introduction

Dans le traitement des adénocarcinomes de la jonction oso-gastrique (AJOG) l'approche chirurgicale est consensuelle pour les types I (osophage sus-cardial) et III (estomac sous cardial). Pour les types II (cardia vrai), l'approche chirurgicale et son influence sur le pronostic carcinologique sont encore discutées. Le but de ce travail monocentrique était d'étudier les résultats à court et long terme obtenus en fonction de la stratégie chirurgicale adoptée pour les AJOG.

 

Patients et Méthodes

60 patients consécutifs opérés à visée curative d'un AJOG de janvier 1997 à décembre 2002 ont été inclus. Les données opératoires, la morbidité, la mortalité et le suivi à long terme ont été revus de façon rétrospective.

Les tumeurs de type I étaient opérées par osophagectomie trans-hiatale (OTH) ou trans-thoracique (OTT). Les tumeurs de type III étaient opérées par gastrectomie totale avec résection de l'osophage distal par abord abdominal (GT) ou abdominal et trans-thoracique (GTT). Parmi ces 4 interventions, la stratégie opératoire pour les tumeurs de type II était choisie en fonction des constatations pré et per-opératoires.

 

Résultats

Les tumeurs étaient réparties en type I (11 patients), type II (35 patients) et type III (14 patients). La mortalité et la morbidité post-opératoires étaient respectivement de 8 % et 40 %. Avec un recul moyen de 23 ± 17 mois (de 1 à 72 mois), la survie actuarielle à 5 ans était de 35 %. La morbidité post-opératoire n'était pas influencée par le type tumoral ni par l'approche chirurgicale. La résection complète (R0), obtenue chez 88 % des patients, était associée à une survie prolongée. L'extension ganglionnaire constituait le principal facteur pronostique.

Pour les tumeurs de type II, l'exérèse adaptée en fonction des constatations opératoires permettait d'obtenir 91 % de résections R0. La survie était significativement meilleure après osophagectomie (OTH et OTT) qu'après gastrectomie (GT et GTT) (53 % vs 13 % à 3 ans).

 

Conclusion

Les tumeurs de type II doivent être traitées comme celles de type I, avec une osophagectomie, qu'elle soit trans-hiatale ou trans-thoracique. L'utilité de la distinction du type II apparaît donc discutable.