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CO.006 - Ampullectomie endoscopique : résultats d'une large étude rétrospective observationnelle multicentrique

H. Gondran, N. Musquer, E. Perez-Cuadrado-Robles, P. Deprez, F. Buisson, A. Berger, E. Cesbron-Métivier, T. Wallenhorst, N. David, F. Cholet, B. Perrot, E. Coron

Introduction

L’ampullectomie endoscopique est considéré comme le traitement de première intention des ampullomes et adénocarcinomes ampullaires bien différenciés localisés. Moins morbide que la chirurgie, cette technique endoscopique présente néanmoins des taux de complications plus élevé comparés aux autres procédures endoscopiques. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la sécurité de l’ampullectomie endoscopique et de déterminer des facteurs de risque de récidive et de complications. 

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude rétrospective observationnelle multicentrique. Tous les patients ayant eu une résection endoscopique de la papille majeure entre janvier 2007 et décembre 2018 ont été inclus. Les comorbidités des patients, les caractéristiques morphologiques et histologiques des lésions, les modalités de l’ampullectomie, les complications à court et moyen terme et le suivi endoscopique ont été recueillis. Les facteurs de risque de récidive pour les lésions adénomateuses ont été analysés à l’aide d’une régression univariée et multivariée de Cox (test de Wald) avec des intervalles de confiance à 95% chez les patients avec un suivi minimum d’un mois.

Résultats

Deux-cents trente-un patients ont été inclus (sex ratio H/F 0,52 ; âge moyen 63 ans). Les formes sporadiques étaient majoritaires (n=177, 77%). 20% des patients avaient un traitement anticoagulant ou antiagrégant avant la procédure. La taille médiane de l’ampullome était de 17 mm (IC: 6-80). 23% (n=53) des ampullomes présentaient une extension latérale duodénale et 16% (n=36) un envahissement intra-canalaire. L’ampullectomie était réalisée avec une injection sous-muqueuse dans 55% des cas. Une prothèse pancréatique était posée dans 71 % des cas (n=163) et biliaire dans 24% des cas (n=55). La majorité des ampullomes correspondait à des adénomes en dysplasie de bas (n=113, 49%) ou en dysplasie de haut grade (n=76, 33%). On notait également 10% d’adénocarcinome invasif (n=24), 5% de lésions hyperplasiques (n=12) et 1% de tumeurs neuroendocrines (n=2). 

La résection était majoritairement mono-fragmentaire (66%), classée R0 dans 54% des cas. Le taux de récidive était de 34% (64/187) avec un suivi médian de 23 mois. 72% des récidives ont été re-traitées endoscopiquement avec succès. Finalement, seuls 18 (9,6%) patients n’ont pu être traités efficacement par voie endoscopique, 12 (6,4%) ont eu une chirurgie. 

En analyse multivariée, la présentation sporadique (Hazard Ratio, HR: 2,392, IC :1,253-4,569, p=0.008), la résection incomplète R1 (HR : 2,017, IC : 1,116-3,646, p=0,02), la taille de la lésion (HR: 1,02, IC: 1,001-1,040, p=0,043) et le sexe masculin (HR: 1,801, IC:1,052-3,084, p=0,032)  sont corrélés à la récidive endoscopique.

Les complications (n=51, 22%) comprenaient la pancréatite (n=24, 11%), l’hémorragie digestive (n=16, 7%), la perforation (n=12, 5%) et la sténose biliaire (n=6, 3%). La mortalité était de 0,9%. 

Discussion

Conclusion

L’ampullectomie endoscopique est un traitement curatif efficace et relativement sûr des ampullomes localisés. La résection R1 et la taille de la lésion sont corrélées à la récidive endoscopique. Cette récidive reste le plus souvent accessible à un traitement endoscopique efficace.

Remerciements