JFHOD

CO.027 - Apport de la manométrie du grêle chez les malades présentant une suspicion clinique de pseudo-obstruction intestinale chronique (POIC)

C. Melchior, C. Desprez, F. Wuestenberghs, A.M. Leroi, G. Gourcerol

Introduction

Le diagnostic de la pseudo-obstruction intestinale chronique reste difficile et repose en pratique le plus souvent sur la combinaison d’arguments cliniques, anatomopathologiques, d’imagerie et sur la manométrie du grêle. Paradoxalement, il n’existe que peu de corrélation entre les données anatomopathologiques et manométriques (1). Il est néanmoins démontré qu’une manométrie du grêle normale élimine le diagnostic de POIC (2-3). L’objectif de ce travail était de mesurer quelle était la prévalence d’anomalies motrices du grêle au sein d’une cohorte de patients présentant une suspicion clinique de POIC.

Patients et Methodes

Entre 2000 et 2019, une manométrie du grêle sur 24h a été réalisée chez 264 patients présentant des critères cliniques faisant évoquer une POIC : un antécédent de maladie systémique (dont sclérodermie systémique, n=26), un syndrome douloureux abdominal (n=19), un syndrome dyspeptique sévère (n=96), la présence d’un trouble moteur digestif à un autre étage (dont inertie colique, n=47) ou des syndromes occlusifs à répétition (n=19). L’examen était réalisé par manométrie à cathéters perfusés (n=206) ou par une sonde électronique haute résolution (n=58). La méthode d’enregistrement ainsi que les critères manométriques de normalité ou de présence d’une POIC étaient ceux recommandés par les sociétés Américaines et Européennes de Neurogastroenterologie (4).

Résultats

Sur les 264 examens, 28 (11%) ont étés impossibles en raison de l’échec de la mise en place de la sonde, et 7 (3%) n’ont pu être poursuivis liés à la mauvaise tolérance (vomissement) de l’examen. L’échec de la mise en place de la sonde était plus fréquent avec une sonde perfusée (13%) par rapport à une sonde électronique (3% ; p=0.05). La manométrie du grêle retrouvait des arguments en faveur d’une POIC chez 34 malades (15%) et était normale chez les autres (n=195; 85%). Une cause secondaire était retrouvée chez 20 de ces malades (59% des diagnostics, dont sclérodermie, n=11). Parmi les indications, des arguments en faveur d’une POIC étaient retrouvés chez 40% des malades explorés pour maladie systémique, 5% explorés pour syndrome douloureux abdominal, 14% explorés pour syndrome dyspeptique sévère, 15% explorés pour la présence trouble moteur digestif à un autre étage, et 16% explorés pour syndromes occlusifs à répétition.

Discussion

Conclusion

La manométrie du grêle est normale chez la plupart des patients présentant une suspicion clinique de POIC. La technique utilisant une sonde électronique haute résolution permet d’améliorer la faisabilité de cet examen.

Remerciements