JFHOD

P.208 - Atézolizumab/bévacizumab pour le traitement du CHC avancé, des données de vraie vie

B. Campion, E. Larrey, A. Ait Oufella, M. Wagner, P. Sultanik, D. Thabut, M. Allaire

Introduction

. Les résultats positifs de l'étude Imbrave 150 ont modifié la prise en charge du carcinome hépatocellulaire (CHC) en proposant la combinaison Atezolizumab/Bevacizumab comme traitement de première ligne du CHC avancé. Dans cette étude, les patients étaient très sélectionnés, environ 30% répondaient au traitement et la réponse semblait plus importante en cas d’étiologie virale. Des données de vraie vie sont nécessaires afin d'apprécier la tolérance de ce nouveau traitement et d’identifier des biomarqueurs prédictifs de réponse.

Patients et Methodes

Les données de l’ensemble des patients traités par Atezolizumab/Bevacizumab à l’hôpital Universitaire Pitié Salpêtrière ont été recueillies de façon prospective depuis aout 2020. Les caractéristiques clinico-biologiques initiales ont été corrélés à la progression du CHC. La survie sans progression et la survie globale ont été évaluées selon la méthode de Kaplan Meier. L’association entre les variables initiales et la progression a été analysée en analyse univariée puis multivariée selon le modèle de Cox.

Résultats

Les données de 35 patients traités par Atézolizumab/Bevacizumab ont été analysés de façon prospective (âge médian 67 [59-75] ans, 71% d’hommes, 83% de patients cirrhotiques). L’hépatopathie chronique étaient d’origine virale dans 63%, liée à une consommation excessive en alcool ou MASH dans 66% et 37% présentaient une cause mixte d’hépatopathie. Parmi ces patients, 23% présentaient de varices œsophagiennes (VO) de grandes tailles à l’endoscopie. 37% des patients avec des VO de grande taille présentaient des plaquettes >150 000/mm3 (Sensibilité 63% et spécificité de 63%) et 3 un gradient de pression hépatique >10mmHg (Sensibilité 38% et spécificité de 78%).

A l’initiation de la combinaison Atezolizumab/Bevacizumab, 25% des patients étaient naïfs de traitement pour le CHC. Le CHC était multi-nodulaire dans 75% des cas, infiltrant dans 40% des cas, 49% des patients présentaient une invasion vasculaire et 26% des lésions extra-hépatiques. Le taux de bilirubine totale était de 12 [7,5-18,5] μM, l’INR de 1,07 [1,05-1,22], l’albumine à 36 [33,5-39] g/L, le taux d’ASAT de 48 [37-67] UI/L, le taux d’ALAT de 36 [26-53] UI/L, le score de Child-Pugh de 5 [5-6] et le score de MELD de 8 [7-11].

La médiane de suivi était de 7 [4,5-10] mois. Au total, 2 (6%) patients ont présenté une réponse complète, 16 (46%) patients ont progressé avec un délai médian de 5 [3-8] mois. Un taux de progression plus important était observé chez les patients présentant une hépatopathie mixte (Virale + OH/NASH) 53%, versus 33% pour OH/MASH et 33% en cas d’hépatite virale mais non significatif. En analyse univariée, la présence de VO de grandes tailles (OR=2,93, IC 95% [1,04-8,27], p=0,04), une élévation de la bilirubine totale (OR=1,06, IC 95% [1,00-1,10], p=0,003), des ASAT élevées (OR=1,03, IC 95% [1,01-1,04], p<0,001) et un score de Child-Pugh élevé (OR=1,03, IC 95% [1,11-2,55], p=0,02) étaient associé à la progression. Ni l’étiologie de l’hépatopathie, ni les caractéristiques du CHC (caractère infiltrant, l’invasion vasculaire et le taux d’AFP) n’étaient associés à la progression. Seul le score de Child-Pugh était associée à la survie sans progression en analyse multivariée (OR=1,59, IC 95% [1,02-2,50], p=0,04).

Au cours du suivi, 8 (23%) patients sont décédés (6 liés au CHC, 1 lié à une décompensation de cirrhose et 1 lié au COVID 19). La médiane de survie n’était pas atteinte à 12 mois et le taux de survie globale à 12 mois était de 73%. En analyse univariée, un BMI élévé (OR=1,93, IC 95% [1,02-1,40], p=0,03) et une élévation de la bilirubine totale (OR=1,04, IC 95% [1,00-1,07], p=0,04) étaient associé à la mortalité.

Discussion

Conclusion

Ces premières données de vraie vie montre que la fonction hépatique, et non l’étiologie de l’hépatopathie ou les caractéristiques du CHC, est associée à la survie sans progression chez les patients atteints de CHC avancés traités par Atézolizumab/Bevacizumab.

Remerciements