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P22 - Atteinte rénale au cours de la maladie de Crohn : résultats d’une étude prospective

Kallel Lamia, Amri Maroua, Hafi Maroua, Rais Lamia, Ben Mustapha Nadia, Serghini Meriem, Matri Samira, Fekih Monia, Boubaker Jalel, Ben Moussa Fatma, Filali Azza

Introduction


L'atteinte rénale constitue une manifestation extra-digestive sévère de la maladie de Crohn pouvant même engager le pronostic vital des patients. Le but de notre travail était de préciser la fréquence de cette manifestation et d'analyser ses caractéristiques clinico-biologiques et histologiques.

Patients et Méthodes

Il s'agit d'une étude prospective menée conjointement par les services de gastro-entérologie A et de néphrologie de l'hôpital la Rabta de Tunis, sur une période d'une année et qui a inclus tous les patients hospitalisés durant la période de l'étude dans le premier service. Tous les patient inclus ont bénéficié d'un test de dépistage aux bandelettes urinaires à la recherche d'anomalies uriniaires, de même qu'une étude de la fonction rénale notamment par le calcul de la clairance de la créatinine selon la formule MDRD ainsi que d'une échographie rénale. D'autres examens ont été réalisés en fonction du résultat de ces examens systématiques, notamment un dosage pondéral de la protéunirie des 24h, une biopsie des glandes salivaires ou une ponction biopsie rénale (PBR).

Résultats


Cent patients ont été inclus, 62 femmes et 38 hommes. La Maladie de Crohn évoluait depuis une moyenne de 3,5 ans et était de localisation iléo-colique dans 80% des cas, colique dans 19% des cas et ano-périnéale chez un 1% des patients. L'examen des urines aux bandelettes réactives a objectivé des anomalies uriniaires chez 44% des patients, à type de protéinurie dans 25% des cas, une leucocyturie sans germes, un pH alcalin et une hématurie microscopique dans respectivement 15%, 8%, 3% et 2% des cas. Une micro-protéinurie et une macro protéinurie ont été retrouvés dans 25% des cas et 12% des cas respectivement. La clairance de la créatinine a permis d'objectiver une hyperfiltration glomérulaire dans 27% des cas et une insuffisance rénale chez 22% des patients. Une biopsie des glandes salivaires accessoires a été réalisée chez 13 patients et une PBR dans 3 cas.
Au terme de ce bilan, nous avons retenu le diagnostic d'une amylose rénale dans 7 cas, une glomérulonéphrite extra-membraneuse dans un cas et une glomérulonéphrite d'origine indéterminée chez un autre patient. Une néphropathie interstitielle chronique a été diagnostiquée chez 23 patients. Une pathologie lithiasique a été trouvée chez 9 patients.

Conclusion


Notre travail a permis de montrer que l'atteinte rénale au cours de la maladie de Crohn n'est pas rare, et qu'elle est plutôt sous-estimée en rapport avec son caractère infra-clinique. Un dépistage systématique avec une prise en charge précoce spécifique associée à un traitement de la maladie inflammatoire digestive pourrait permettre d'améliorer le pronostic de cette atteinte.