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CO.44 - Baisse de l’incidence des colites inclassées au sein du registre EPIMAD sur la période 1988-2014

P. Mayer, H. Sarter, M. Fumery, G. Savoye, A. Leroyer, L. Dauchet, C. Gower-Rousseau, B. Pariente

Introduction

Les colites inclassées (CI) sont une entité mal définie dont l’incidence varie entre 5-15% des nouveaux diagnostics de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). La définition initiale repose sur l’analyse histologique de pièce de colectomie, mais le diagnostic actuel de CI correspond aux cas de MICI coliques pour lesquelles il n’y a pas d’arguments pour un diagnostic certain de maladie de Crohn (MC) ou de rectocolite hémorragique (RCH). Plusieurs études ont retrouvé un  taux élevé de reclassement en MC ou RCH au cours du suivi suggérant que les CI ne seraient pas une entité propre mais issues d’un défaut de classement des MICI coliques. Les objectifs de ce travail étaient d’étudier en population générale, l’évolution de l’incidence des CI sur la période 1988-2014 ainsi que leur reclassement au cours du suivi. 

Patients et Methodes

Nous avons mené une étude rétrospective observationnelle au sein du registre EPIMAD, incluant tous les patients avec un diagnostic de CI fait après l’âge de 17 ans entre 1988 et 2014 (n=476), résidant dans 4 départements du nord-ouest de la France. Un dossier était expertisé et classé en CI s’il s’agissait d’une MICI localisée au colon ayant des arguments cliniques et morphologiques et histologiques pour une MC et pour une RCH, selon l’algorithme diagnostique du registre EPIMAD, validé et publié (1). Le reclassement était défini par un changement de diagnostic au cours du suivi. Pour cette étude, la période 1988-2014 a été divisée en 3 périodes de 9 ans (1988-1996, 1997-2005 et 2006-2014).

Résultats

De 1988 à 2014, 24 304 cas incidents de MICI ont été recensés, incluant 8449 (66,2%) MC, 3839 (30,1%) RCH et 476 (3,7%) CI. Les patients avec un diagnostic de CI étaient plus souvent des hommes (51.7 % (n=246) versus 45.6% (n=5602) (p=0.009)), avec un âge plus élevé au diagnostic (36 ans [26 ; 51] versus 30 ans [23; 42] (p<0.0001). Sur la période 1988-2014, une diminution significative de la part des CI parmi les MICI diagnostiquées était observée, passant de 6% en 1988-1996 à 2% en 2006-2014 (p<0,0001). Pendant cette période, les incidences de MC et RCH restaient stables.  Un évènement clinique permettant le reclassement est survenu chez 142 patients (29,8%) avec un délai médian de 1 an (IQR [1,2]) après le diagnostic de CI. Sur la totalité des patients diagnostiqués CI (n=476), 334 (70.2%) n’ont pas eu de second diagnostic, 132 (27.7%) ont eu un second diagnostic et 10 (2.1%) ont eu un troisième diagnostic.  Quatre-vingt-neuf patients (18.7%) ont pu être reclassés en MC ou RCH suite à une seconde poussée. Il n’y a pas de différence statistique dans le taux de reclassement des CI en MC ou RCH quelque soit le mode de découpage de la période (p=0,56 pour 9 ans). Le taux de reclassement en MC ou en RCH n’a pas significativement évolué au cours de la période d’étude, passant de 17% en 1988-1996 à 21% en 2006-2014 (p=0.56).

Discussion

Conclusion

Grâce aux données en population générale du Registre EPIMAD, une baisse significative de l’incidence des CI sur la période 1988-2014 a été observée. Ceci  pourrait s’expliquer par les progrès réalisés dans les performances diagnostiques de la MC et de la RCH et interroge sur la pertinence du maintien de l’entité des CI.

Remerciements