JFHOD

P.150 - Calcul simplifié du LARS

P.A. Colas, M. Bouchoucha, A. Le Fouler, A. Zarzavadjian Le Bian, R. Benamouzig, P. Wind

Introduction

Après le traitement chirurgical d'un cancer rectal, le syndrome de résection antérieure du rectum (LARS) est présent chez environ 40 à 50% des patients, responsable d'une altération de la qualité de vie. Ce syndrome est estimé par un score composite associant 5 critères (Flatulences, Fréquence des selles par 24 heures, Fragmentation, Fuites et Impériosités) qui permet de classer les patients en 3 groupes : Absent (de 0 à 20), Mineur (de 21 à 29) et Majeur (de 30 à 42). Cependant ce score reste principalement limité aux études cliniques. Son calcul est complexe et il peut surestimer ou sous-estimer l'impact sur la qualité de vie chez environ 1/3 des patients, limitant ainsi une utilisation en pratique quotidienne pour l’évaluation de la fonction rectale chez le patient opéré. Le but de cette étude était de simplifier ce score afin de faciliter le suivi post-opératoire des patients.

Patients et Methodes

Le score de LARS a été évalué chez 74 patients (29 femmes) âgés de 60.9 ans ± 14 ans à environ 1 an de la remise en continuité. Le LARS était absent ou mineur chez 62 patients (83,8 %) et majeur chez 12 (16,2 %).

Pour déterminer la combinaison des facteurs pertinents, nous avons réalisé une corrélation de l'intensité de chacun des symptômes et une analyse en composantes principales (ACP) à partir des 5 critères utilisés pour calculer le score de LARS mais sans utiliser la pondération attribuée à chaque facteur. Ensuite un algorithme de classification automatique a permis de diviser les patients en 3 groupes et de proposer un arbre de décision pour classer les patients (MATLAB).

Résultats

L'analyse des corrélations de l'intensité des symptômes a montré que les paramètres utilisés dans le calcul du score de LARS étaient étroitement corrélés : la présence d’impériosités était significativement corrélée à la présence de flatulences (p<0.001), de fuites (p<0.001), à une fréquence élevée de selles par jour (p<0.001) et à l’existence d’une fragmentation >1/semaine (p=0.017). La présence de flatulences était également corrélée aux fuites (p<0.001) et à la fragmentation (p=0.001). Les fuites étaient corrélées à une fréquence élevée de selles par jour (p=0.027). Enfin, la fréquence élevée de selles était également corrélée à la fragmentation (p=0.019).

L'analyse par ACP a montré que le premier axe représentait 50% de la variance totale de la population. Sur cet axe, les patients ont été classés en 3 groupes selon l'intensité des symptômes : Absent, Mineur et Majeur. Ces groupes étaient composés respectivement de 31 (42%), 27 (36%) et 16 (22%) patients. Ils correspondaient à des valeurs croissantes de score de LARS : 1.4+/-2.7, 12.3+/-5.5 et 33.8+/-6.5.

L'analyse de l'association aux paramètres anatomiques montre que cette nouvelle classification est associée à la hauteur de la tumeur (p<0.001), au type d'anastomose (p<0.001) et à la longueur de rectum restant (p<0.001).

L'arbre de décision (Figure 1) montre que seuls 3 paramètres, tous mesurés en 2 degrés d’intensité sont utiles à cette nouvelle classification : la présence d'impériosités, d’une fragmentation et de fuites anales. La présence d'impériosité supérieure à 1 fois/semaine classe d’emblée le patient dans le groupe Majeur. Sans impériosité, la présence d’une fragmentation supérieure à 1 fois/semaine le classe dans le groupe Mineur. Enfin, en l’absence d’impériosité et de fragmentation, la présence de fuites classe le patient dans le groupe Mineur. Le cas échéant, l’absence de fuite définit l’absence de LARS.

Discussion

Conclusion

Au total, cette nouvelle classification du syndrome de LARS permet une évaluation plus rapide et plus pertinente des patients après chirurgie rectale.

Remerciements