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S0 - Cancers coliques de stade III : la chimiothérapie orale par capécitabine est plus efficace et mieux tolérée que la chimiothérapie IV type FUFOL Mayo Clinic. Résultats de l'étude X-ACT

Seitz Jean-François, Husseini F, Douillard JY, Ychou Marc, Dufour P, Gamelin Erick, Caroli-Bosc FX, Giovannini Marc, Mouri Z, Twelves C, Cassidy J, Carrato A, Scheithauer W
Introduction

La chimiothérapie adjuvante est un standard dans les cancers coliques de stade III et l'association 5FU-Acide Folinique (AF) IV est le plus souvent utilisée (1). La capécitabine est une fluoropyrimidine orale, se transformant en 5FU préférentiellement dans la tumeur. Sa supériorité au schéma FUFOL Mayo Clinic dans les cancers colorectaux métastatiques (meilleure tolérance, meilleur taux de réponse, survie équivalente) (2) et la préférence des patients pour la chimiothérapie orale ont justifié la comparaison capécitabine versus FUFOL dans les cancers coliques de stade III.

 

Patients et Méthodes

Les patients (18-75 ans ; OMS < 2) opérés d'un cancer colique de stade III étaient randomisés dans les 8 semaines post-opératoires entre capécitabine (1250 mg/m² per os 2 fois/jour du J1 au J14 toutes les 3 semaines) ou FUFOL Mayo Clinic (AF 20 mg/m² + 5 FU 425 mg/m² IV bolus de J1 à J5 toutes les 4 semaines) pendant 24 semaines. L'objectif principal était de montrer "au moins" une équivalence en terme de survie sans évènement (SSE).

 

Résultats

Entre novembre 1998 et novembre 2001, 1987 patients ont été randomisés (1004/983). L'âge, le sexe, l'état général OMS (0/1 : 85 %/ 15 %), l'atteinte ganglionnaire (N1/N2 : 70 %/ 30 %), le stade T, l'ACE pré-opératoire ne différaient pas entre les deux bras. Les patients traités par capécitabine avaient significativement moins de nausées-vomissements, mucite, diarrhée, alopécie, neutropénie (tous grades) et moins de mucite grade 3-4 (2 % versus 14 %), moins de neutropénies fébriles (0,3 % versus 3 %) mais plus de syndrome main-pied grade 3 (18 % versus 0,6 %). Avec un suivi médian de 3,8 ans, l'objectif principal de l'étude (capécitabine au moins équivalent au FUFOL) est atteint. En intention de traiter, il y avait même une forte tendance à la supériorité de la capécitabine en terme de SSE (HR : 0,87 [IC95 % : 0,75-1,00], p = 0,0528) et une tendance à la supériorité pour la survie globale (HR : 0,84 [IC95 % : 0,69-1,01], p = 0,0706). La survie sans rechute (SSE sans les décès non liés au cancer ni au traitement) était significativement supérieure pour la capécitabine (HR : 0,86 [IC95 % : 0,74-0,99], p = 0,0407). Le gain en valeur absolue pour les différents paramètres est de 4 % à 3 ans (SSE : 64,2 % versus 60,6 % - Survie sans rechute : 65,5 % versus 61,9 % - Survie globale : 81,3 % versus 77,6 %). Ces résultats sont confirmés en analyse multivariée. Le gain d'efficacité est retrouvé dans tous les sous-groupes (y compris les sujets d'âge ³ à 70 ans).

 

Conclusion

La capécitabine réduit le risque de rechute dans les cancers coliques de stade III par rapport au FUFOL Mayo Clinic, avec une tendance à l'amélioration de la survie globale et une meilleure tolérance. Ce traitement oral devient une option recommandée chez les patients justiciables d'une chimiothérapie adjuvante par l'association 5FU-AF.