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P.460 - Cancers colorectaux et gastriques métastatiques MSI sous immunothérapie par pembrolizumab : expérience et efficacité en « vraie vie »

G. Glemarec, N. Fares, J. Pouedras, C. Couteau, M. Deslandres, P. Rivera, A.P. Laurenty, C. Liffraud, S. Vienne-Noyes, J. Selves, F. Puisset, R. Guimbaud

Introduction

Le Pembrolizumab (anticorps anti PD1) a démontré une efficacité dans les cancers avec instabilité micro satellitaire (MSI) et obtenu son enregistrement FDA aux USA au terme d’études de phase II. En France, faute d’étude de phase III, il ne dispose pas d’AMM ni de remboursement dans cette indication. Dans le cadre d’un dispositif défini régionalement et après information à l’ARS, une procédure de prescription exceptionnelle en l’absence d’alternative a été admise par notre institution. Dans ces conditions, un traitement par Pembrolizumab a pu être proposé chez les patients métastatiques avec une tumeur colorectale ou gastrique MSI en échappement aux traitements conventionnels et pour lesquels aucun essai clinique permettant l’accès à une immunothérapie n’était disponible. Nous rapportons les cas des patients ayant été traités dans ce cadre dans notre centre.

Patients et Methodes

Sur la base des données de la pharmacie hospitalière, tous les patients ayant reçu un traitement par Pembrolizumab pour une tumeur digestive MSI dans le cadre de notre dispositif de prescription exceptionnelle ont été revus.

Les caractéristiques cliniques des patients ainsi que les données histologiques et de biologie moléculaire ont été recueillies. .

Les données de suivi clinique, biologique et d’imagerie ont été collectées pour évaluer la réponse tumorale, la survie sans progression, et la survie globale ainsi que les données de tolérance notamment les effets secondaires dysimmunitaires.

Résultats

D’avril 2016 (date de la 1ère prescription dans le cadre de notre dispositif) jusqu’ à Septembre 2018 (date de dernier point), 12 patients (7 hommes et 5 femmes), d’âge moyen 54 ans ont été traités ; correspondant à 10 tumeurs colorectales et 2 tumeurs gastroduodénales parmi lesquels 8 s’intégraient dans un syndrome de Lynch.

Quatre patients étaient traités en 2ème ligne et 8 patients en 3ème ligne métastatique.

Un seul patient a présenté une toxicité de grade > 2 : il s’agissait d’un cas de toxicité digestive de grade 3 nécessitant l’arrêt du Pembrolizumab au terme de 12 cures.

Parmi les 12 patients, on ne note aucune réponse complète, 7 réponses partielles (taux de réponse : 58%), 1 stabilité (taux de contrôle de la maladie : 67%) et 4 progressions.

Le délai de réponse médian est de 2.5 mois. Tous les patients répondeurs ont une réponse maintenue et sont toujours sous traitement avec une durée moyenne sous traitement de 14,4 mois hormis celui qui a présenté une toxicité digestive de grade 3 (qui reste en réponse maintenue 1 an après l’arrêt du Pembrolizumab).

Parmi les 4 patients progressifs, tous ont progressé de manière précoce au terme de 2 cures et présentaient une maladie de profil rapidement évolutif à l’initiation du traitement.

Les médianes de survie sans progression et de survie globale sont respectivement de 7.1 mois et 32,4 mois.

 

Discussion

Conclusion

Les données «  vraie vie », hors essai thérapeutique, sur cette cohorte de petite taille sont en accord avec les données de la littérature et sont très encourageantes  pour les patients présentant des tumeurs MSI colorectales ou gastriques métastatiques. Il apparaît nécessaire de colliger les cas de manière multicentrique afin d’obtenir des données robustes, mieux identifier les patients répondeurs et faciliter l’accès à l’immunothérapie anti PD1 dans cette indication.

Remerciements