JFHOD

P0 - Caractéristiques des oesophagites disséquantes chroniques primitives et secondaires : résultats d'une étude prospective portant sur 20 cas

Lamouliatte Hervé, Zerbib Frank, Thetiot V, Belleannee G, Message L
Introduction

Depuis sa description en 1997 (1), l’oesophagite disséquante chronique (ODC) est de plus en plus souvent retrouvée. Cependant, à côté des formes primitives (ODCI) il existe des formes secondaires (ODC2) à diverses affections. Le but de cette étude était de comparer les caractéristiques des ODC primitives et secondaires sur le plan clinique et évolutif.

Patients et Méthodes

Depuis janvier 2000, tous les malades avec décollement muqueux spontané et/ou provoqué par l‘endoscope ou les biopsies oesophagiennes ont été inclus. Ils avaient un bilan comprenant en premier lieu une étude histologique à la recherche de signes spécifiques (ex : infiltration à éosinophiles) avec immunofluorescence directe et une consultation dermatologique. Les critères retenus des ODC I étaient : dysphagie chronique sans symptômes de RGO, résistante au traitement anti-sécrétoire, décollement de lambeaux de muqueuse, sténose(s) oesophagienne(s) suspendue(s), absence de lésion cutanéo-muqueuse chronique.

Résultats

De janvier 2000 à juin 2005, 20 malades ont été inclus, 11 femmes et 9 hommes, de 55,2 ans d’âge moyen, extrêmes 13 – 85 ans. 5 répondaient aux critères de l’ODCI (20%) et 15 avaient une ODC2 (80%) : 2 maladies dermatologiques (un lichen plan et un pemphigus vulgaire), 3 RGO dont un avec endo-brachy-œsophage, 4 oesophagites à éosinophiles, 3 cancers de l'oesophage (2 du tiers supérieur, un du tiers inférieur) dont 2 traités par radiothérapie avant le diagnostic, un cancer de l’amygdale traité par radiothérapie, une papillomatose oesophagienne dégénérée et une maladie de Crohn. La comparaison des deux groupes montre dans le groupe ODCI par rapport au groupe ODC2 : un âge supérieur (59.4 ans vs 53.7 ans), une dysphagie plus sévère et plus ancienne (3 ans vs 8 mois), un amaigrissement plus fréquent (80% vs 7%), une sténose plus fréquente (100% vs 47%), des anneaux translucides plus fréquents (80% vs 40%), une spongiose plus marquée de la couche basale sans signe spécifique (infiltration marquée à éosinophiles, acantholyse, immuno-fluorescence directe positive), une évolution plus péjorative avec un recours plus fréquent aux dilatations (100% vs 25%) et une dysphagie persistant plus souvent (80% vs 20%).

Conclusion

Le signe décollement muqueux oesophagien en endoscopie, spontané ou traumatique, est aspécifique : l' ODC primitive est une affection plus rare et d’évolution plus sévère que l’ODC secondaire.
Les biopsies oesophagiennes systématiques devant une dysphagie inexpliquée et/ou un aspect endoscopique inhabituel permettent le diagnostic de ces " nouvelles " oesophagites parfois associées.
Une surveillance endoscopique des ODC primitives est légitime compte-tenu du risque éventuel de dégénerescence.