JFHOD

P.273 - Caractéristiques et chimio-sensibilité des carcinomes adénosquameux du pancréas (CASP) métastatiques : étude rétrospective de l’AGEO

M. Auvray, V. Hautefeuille, C. Coutzac, T. Lecomte, M.L. Tran-Minh, D. Malka, I. Trouilloud, N. Williet, J. Taïeb, P. Artru, Y. Touchefeu, A. Zaanan

Introduction

Les CASP représentent un type histologique rare (<5%) des tumeurs malignes pancréatiques. Ces tumeurs sont définies histologiquement par la présence d’un contingent mixte épidermoïde et adénocarcinomateux. Il n’existe à ce jour que peu ou pas de données sur la réponse à la chimiothérapie et donc aucune recommandation spécifique pour la prise en charge des CASP en situation métastatique.

Patients et Methodes

Dans le cadre d’une étude rétrospective de l’AGEO, nous avons inclus tous les patients pris en charge pour un CASP métastatique prouvé histologiquement entre 2008 et 2019 dans dix centres français. Les caractéristiques cliniques et tumorales, ainsi que la réponse tumorale, la survie globale (SG) et la survie sans progression (SSP) ont été recueillies. Le taux de réponse objectif était défini par la proportion de patients ayant une réponse complète ou partielle parmi les patients évalués pour la réponse tumorale selon les critères RECIST1.1. La SG était définie comme le temps écoulé entre la date de début de traitement et le décès quelle qu'en soit la cause. La SSP était définie comme le temps écoulé entre le début de la chimiothérapie et la progression tumorale (locale ou à distance), ou le décès. La SG et la SSP ont été estimées selon la méthode de Kaplan-Meier en rapportant leurs médianes et leurs intervalles de confiance à 95% (IC 95%).

Résultats

Au total, 58 patients ont été inclus avec un CASP métastatique : âge médian au diagnostic, 69 ans (extrêmes : 37-81), sexe masculin, n= 36 (62,1%). La localisation tumorale de la tumeur primitive était préférentiellement céphalique (41,4%). La majorité des patients présentait des métastases synchrones (69%) et présentait un bon état général (OMS 0-1 : 39,7% contre 36,2% OMS 2-3). Le traitement de première ligne était de la chimiothérapie  dans 75,9% des cas (n= 44), des soins de support exclusifs dans 17,2% des cas, (n= 10) ou inconnu dans 6,9% des cas (n= 4). Parmi les 44 patients traités par une chimiothérapie de première ligne (L1), 31 ont reçu un protocole à base de 5-fluorouracile (5-FU) (dont 20 FOLFIRINOX, 7 FOLFOX, 2 FOLFIRI, 1 5-FU-Cisplatine, 1 FOLFOX-taxotère), et 13 à base de gemcitabine (dont 8 gemcitabine, 4 gemcitabine + nab-paclitaxel et 1 gemcitabine-erlotinib). Le suivi médian était de 24,3 mois (11,9-NA) et la SG médiane était de 7,8 mois (IC 95% 7,4 – 15,7).  Parmi ces mêmes patients, 18 (40,9%) ont reçu une chimiothérapie de 2ème ligne. Une différence statistiquement significative en SG est retrouvée en faveur des protocoles à base de 5-FU (médiane 8,4 mois, IC 95% 7,6-NA) par rapport à ceux à base de gemcitabine (médiane 4,4 mois, IC 95% 2,6 – NA), p= 0,01). Malgré une tendance en SSP en faveur des protocoles à base de 5-FU, la différence n’était pas statistiquement significative (médianes : 5,0 vs 2,8 mois ; p= 0,09). Parmi les patients pour lesquels la réponse tumorale à la chimiothérapie était disponible (n= 36), le taux de réponse objective était de 33,3% (8/24) pour les patients traités par une chimiothérapie à base de 5-FU et de 25% (3/12) pour ceux traités par une chimiothérapie à base de gemcitabine (p= 0,29). Il n’y avait pas de différence statistiquement significative (p= 0,66) entre les statuts OMS des patients traités à base de 5-FU (OMS 0-1 : 54,8% ; OMS 2-3 : 16,1%) et ceux traités à base de gemcitabine (OMS 0-1 : 38,5% ; OMS 2-3 : 30,8%).

Discussion

Conclusion

Peu d’études à ce jour se sont intéressées aux données de survie des patients avec CASP métastatique, et aucune comparative depuis l’introduction des chimiothérapies par gemcitabine+nab-paclitaxel et FOLFIRINOX. L’absence de données de chimiosensibilité est notamment liée à la rareté de ce type histologique méconnu. Cette étude est la première visant à évaluer l’efficacité de ces protocoles de chimiothérapie. Cette étude a pu mettre en évidence la supériorité des protocoles à base de 5-FU (majoritairement constitué par le FOLFIRINOX) versus ceux à base de gemcitabine en termes de SG. Des études plus larges ou des cohortes observationnelles de grandes envergures sont nécessaires pour mieux appréhender les caractéristiques de ces tumeurs, leur pronostic (qui semble plus sombre) ainsi que la réponse à la chimiothérapie.    

Remerciements