JFHOD

P.401 - Cholangite biliaire primitive : profil épidémiologiques clinico-biologiques et évolutifs des patients traités par AUDC

A. Hassine, N. Elleuch, A. Ben Slama, A. Hammami, H. Jaziri, W. Dahmani, W. Ben Ameur, A. Braham, S. Ajmi, M. Ksiaa, A. Jmaa

Introduction

Malgré le traitement par l'acide ursodésoxycholique (AUDC) qui est le traitement de référence de la cholangite biliaire primitive (CBP), environ 30 à 40% des patients ne répondent pas au traitement.  L’identification des  facteurs  prédictifs de bonne réponse à l’AUDC  permet de  dépister  les patients pourvoyeurs d’une progression de la fibrose et améliorer ainsi la survie  des patients  sans transplantation hépatique.

L’objectif de notre étude est de comparer les caractéristiques épidémiologiques clinico-biologiques et évolutives des patients ayant une CBP en fonction de leur réponse au traitement.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective colligeant tous les dossiers des patients atteints de CBP sur une durée de 10 ans pris en charge au service de gastro entérologie Sahloul. N’ont pas été inclus dans notre étude les patients ayant un syndrome de chevauchement hépatite auto-immune –CBP. Tous les patients ont été traités par AUDC à la dose de 13 à 15 mg/kg/j. L’évaluation de la réponse  biochimique   a été faite à un an de traitement selon les critères de Paris. Les patients ont été répartis en 2 groupes selon la réponse au traitement.

Résultats

Trente-cinq patients ont été inclus de notre étude, il s’agissait de 31 femmes (88,6%) et de 4 hommes (11,4%) d’âge moyen de 62 ans avec des extrêmes allant de 32 à 87 ans. Les circonstances de découverte de la CBP étaient représentées par : un prurit, une asthénie,  une douleur de l’hypochondre droit, un ictère, une hépatomégalie et une perturbation du bilan hépatique chez des patients asymptomatiques dans respectivement 57,1%, 65,7%, 17,1%, 34,3%, 22,9% et 17,1% des cas. Après un suivi moyen de 75 mois (12 à 180 mois), une réponse complète était notée dans 37,1% avec une différence statistiquement significative entre les patients cirrhotiques vs non cirrhotiques (22% VS 42%, P=0,05). La non-réponse était retrouvée chez 22 patients (62%) après un an du traitement par l’AUDC.  En comparant les deux groupes répondeurs vs non répondeurs, on n’a pas noté de différence statistiquement significative concernant l’âge (52 ans VS 54 ans, P= 0,01). Une prédominance des formes symptomatiques chez les malades non répondeurs a été notée avec une différence significative (90% VS 56 %, P= 0,03), sur le plan biologique, on note que les patients non répondeurs à l’AUDC présentait un taux d’albumine moyen moins important (31g/l VS 40g/l, ) et un taux de bilirubine plus élevé (37,8 µmol/l VS 12,8 µmol/l ).Ces malades présentait également une fibrose plus significative avec au fibroscan , une élasticité hépatique plus importante ( 37,2 Kpa VS 9,6 Kpa).

Discussion

Conclusion

Dans notre étude, les patients non répondeurs étaient majoritairement de sexe masculin ayant une forme symptomatique avec une fibrose sévère. Le diagnostic de la CBP devrait donc se faire à un stade précoce de la maladie ce qui permettrait de garantir une meilleure efficacité du traitement médical et par conséquent une amélioration du pronostic.

Remerciements