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Thématique :
- Pancréas/voies bilaires
Originalité :
Très original
Solidité :
Très solide
Doit faire évoluer notre pratique :
Immédiatement
 
 
Nom du veilleur :
Docteur Louis DE MESTIER
Coup de coeur :
 
 
Journal of clinical oncology (JCO)
  2017/06  
 
  2017 Jun ;35(16):1822-1828.  
  doi: 10.1200/JCO.2016.71.2026.  
 
  Cigarette Smoking and Pancreatic Cancer Survival  
 
  Yuan C, Morales-Oyarvide V, Babic A, Clish CB, Kraft P, Bao Y, Qian ZR, Rubinson DA, Ng K, Giovannucci EL, Ogino S, Stampfer MJ, Gaziano JM, Sesso HD, Cochrane BB, Manson JE, Fuchs CS, Wolpin BM  
  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28358654  
 
 

Abstract

Purpose Cigarette smoking is associated with increased incidence of pancreatic cancer. However, few studies have prospectively evaluated the association of smoking with patient survival.

Patients and Methods We analyzed survival by smoking status among 1,037 patients from two large US prospective cohort studies diagnosed from 1986 to 2013. Among 485 patients from four prospective US cohorts, we also evaluated survival by prediagnostic circulating levels of cotinine, a metabolite of nicotine that is proportional to tobacco smoke exposure. On the basis of prediagnosis cotinine levels, we classified patients as nonsmokers (< 3.1 ng/mL), light smokers (3.1-20.9 ng/mL), or heavy smokers (≥ 21.0 ng/mL). We estimated hazard ratios (HRs) for death by using Cox proportional hazards models, with adjustment for age, sex, race/ethnicity, body mass index, diabetes status, diagnosis year, and cancer stage.

Results The multivariable-adjusted HR for death was 1.37 (95% CI, 1.11 to 1.69) comparing current smokers with never smokers ( P = .003). A statistically significant negative trend in survival was observed for increasing pack-years of smoking ( Ptrend = .008), with HR for death of 1.49 (95% CI, 1.05 to 2.10) for > 60 pack-years of smoking versus never smoking. Survival among former smokers was similar to that for never smokers, regardless of time since quitting. Heavy smokers defined by prediagnostic circulating cotinine levels had a multivariable-adjusted HR for death of 1.76 (95% CI, 1.23 to 2.51) compared with nonsmokers. Among patients with circulating cotinine levels measured within 5 years before diagnosis, heavy smokers had a multivariable-adjusted HR for death of 2.47 (95% CI, 1.24 to 4.92) compared with nonsmokers.

Conclusion Cigarette smoking was associated with a reduction in survival among patients with pancreatic cancer.

 

 
Question posée
 
Le tabagisme influence-t-il la survie des patients atteints de cancer du pancréas ?
 
Question posée
 
Les auteurs ont évalué prospectivement l’association entre tabagisme lors du diagnostic initial de cancer du pancréas et survie globale chez 1037 patients à partir de 2 études de cohortes américaines. En analyse multivariée, le tabagisme actif était associé à un risque plus élevé de décès (adjusted HR 1.40, IC 95% [1.11-1.69]), indépendamment de l’IMC et du diabète. Le risque de décès lié au tabagisme augmentait avec le nombre de paquet-année (PA), avec des HR de 1.25, 1.32 et 1.49 pour des consommations de respectivement 1-30 PA, 31-60 PA et > 60 PA. Le risque de décès chez les anciens fumeurs n’était pas différent de celui des non-fumeurs, sans relation avec le délai entre le sevrage tabagique et le diagnostic initial. Les auteurs ont secondairement évalué la relation entre survie globale et niveau plasmatique pré-diagnostic de cotinine (premier produit de dégradation de la nicotine), chez 485 patients inclus dans 4 larges études de cohortes américaines. Le niveau de cotinine au moment du diagnostic était utilisé pour différencier les non-fumeurs des fumeurs légers et des fumeurs lourds. Le risque de décès était augmenté chez les fumeurs lourds en comparaison aux non-fumeurs (HR 1.76 [1.23-2.51]).
 
Commentaires

Etude épidémiologique solide, démontrant l’impact pronostique péjoratif du tabagisme chez les patients atteints d’un cancer du pancréas, quel que soit le stade, et indépendamment des principaux facteurs pronostiques. A noter également que ces cohortes ont débuté dans leur recrutement dans les années 1975-80, et par conséquent les médianes de survie rapportées ne sont pas comparables à celles de patients contemporains (19, 9 et 3 mois chez les patients ayant respectivement un cancer pancréatique résécable, localement avancé et métastatique). Ceci n’altère néanmoins pas le message principal.

L’obtention d’un sevrage tabagique chez les patients atteints de cancer du pancréas pourrait potentiellement permettre d’améliorer la survie, bien que cela n’ait pas été spécifiquement étudié, ni démontré, dans cette étude.

 
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