JFHOD

CO.050 - Comparaison de la chimioembolisation intra-artérielle à l’embolisation intra-artérielle dans le traitement du carcinome hépatocellulaire : une analyse par score de propension

G. Roth, M. Benhamou, Y. Teyssier, A. Seigneurin, M. Abousalihac, C. Sengel, O. Seror, J. Ghelfi, N. Ganne-Carrié, L. Blaise, O. Sutter, T. Decaens, J.C. Nault

Introduction

Dans le traitement du carcinome hépatocellulaire (CHC) de stade intermédiaire ou BCLC B, le niveau de preuve de l’intérêt de l’adjonction de la chimiothérapie à l’embolisation intra-artérielle reste faible. L’objectif de cette étude était de comparer le taux de réponse radiologique, la survie et la toxicité des patients traités soit par chimio-embolisation intra-artérielle (CEIA) soit par embolisation intra-artérielle (EIA) seule. 

Patients et Methodes

Nous avons inclus de manière rétrospective les patients traités pour la première fois pour un CHC soit par CEIA soit par EIA dans deux centres tertiaires entre 2007 et 2013. Les variables cliniques, biologiques et radiologiques ont été recueillies avant le traitement intra-artériel. La réponse radiologique a été évaluée par deux radiologues selon les critères mRECIST après la première cure de traitement. La corrélation entre le type de traitements reçus, la variation du score de Child Pugh, la réponse radiologique, la survie sans progression, la survie sans transplantation et la survie globale a été effectuée après appariement utilisant un score de propension de type inverse probability of treatment weighting(IPTW) incluant l’âge, le score de Child-Pugh, le taux d’AFP, la somme des deux plus grosses tumeurs et le nombre de tumeurs.

Résultats

265 patients ont été inclus dont 86 traités par EIA (lipiodol pur et gélatine résorbable) et 179 par CEIA, dont 44 par billes chargées et 135 par CEIA lipiodolée. La chimiothérapie délivrée était la doxorubicine chez 110 patients et l’idarubicine chez 25 patients. Le nombre médian de cures réalisées était de 2 (IQR = 1;2) dans les deux groupes.  L’âge médian était de 65 ans et une cirrhose était présente dans 90.9% des cas.28% des patients étaient BCLC A, 57% BCLC B et 26% BCLC C. Dans l’ensemble de la cohorte, la réponse radiologique globale était de 63.3% (23.5% de réponse complète et 39.8% de réponse partielle), la stabilité radiologique de 21.2% et la progression radiologique de 15.5%. Après ajustement, la CEIA était associée à un taux plus élevé de réponse radiologique complète (OR = 8.5 (IC95% : 2.8 – 25.4)), sans différence significative en terme de réponse radiologique globale (OR = 2.2 (CI95%=0.8 - 5.8)). La médiane de survie sans progression de la cohorte globale était de 9.3 mois. Après ajustement, il n’existait pas de différence de survie sans progression médiane entre la CEIA et la EIA (p=0.4478). Aucune différence n’a été observée en termes de survie sans transplantation médiane entre les deux groupes (médiane de 21.0 mois versus 21.5 mois, p=0.9105). La survie globale médiane de la cohorte globale était de 27.7 mois avec une survie à 1, 2 et 3 ans de 76%, 54% et 39% respectivement. Après ajustement, aucune différence n’était observée entre les deux types de traitements (33.3 mois pour la CEIA versus 28.2 mois pour l’embolisation intra-artérielle, P=0.3508). Après ajustement, la toxicité était comparable entre les deux groupes avec une augmentation du score de Child Pugh à 1 mois de +0.8 points (IC95% : +0.2 ; +1.3) après la EIA et de +0.4 points (IC95% : +0.3 ; +0.6, différence non significative) après la CEIA.

Discussion

Conclusion

La chimio-embolisation intra-artérielle pour carcinome hépatocellulaire est associée à un taux plus élevé de réponse radiologique complète sans différence en terme de réponse radiologique globale, de survie sans progression, de survie globale et de survie sans transplantation par rapport à l’embolisation intra-artérielle seule. 

Remerciements