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CO.003 - Comparaison de l’efficacité de la dissection sous-muqueuse et de la mucosectomie dans la résection endoscopique des tumeurs superficielles du rectum

A. Becar, M. Barret, E. Perez-Cuadrado-Robles, G. Perrod, E. Abou Ali, C. Elise, S. Leblanc, S. Chaussade, C. Cellier, G. Rahmi

Introduction

Les deux principales techniques de résection endoscopique mini-invasives des tumeurs superficielles rectales sont la mucosectomie (EMR) et la dissection sous muqueuse (DSM).

Pour les lésions de plus de 2 cm, l’exérèse monobloc peut difficilement être obtenue avec l’EMR tandis que la DSM permet une résection sans limite de taille.

L’objectif principal de l’étude est de comparer l’efficacité de la DSM et l’EMR pour le traitement endoscopique des tumeurs rectales d’allure superficielle.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude observationnelle rétrospective bi centrique.

Les patients traités pour des tumeurs superficielles rectales par DSM ou EMR ont été inclus entre 2009 et 2019.

Le critère de jugement principal était le taux de récidive locale lors du premier contrôle endoscopique réalisé dans les 3 à 6 mois qui ont suivi la résection.. La récidive était définie par la présence d’un résidu tumoral endoscopique et/ou histologique.

Les critères de jugement secondaires étaient le taux de résection R0 et monobloc, le taux de complications, la durée de procédure et d’hospitalisation et le taux d’intervention chirurgicale complémentaire.

Résultats

Un total de 254 patients ont été inclus, 159 DSM et 95 EMR.

L’âge moyen des patients était de 69 ans (±11,74) et le sexe ratio était de 1.

La durée médiane d’hospitalisation était de 2 jours (0-14).

La taille moyenne des lésions était de 40 mm (± 23,3) et 93,5 % des lésions étaient de taille supérieure à 20mm sans différence significative dans les deux groupes (p=0,115).

Il s’agissait de lésion de type Is de Paris dans 33,7 % des cas, de LST-G dans 55,7 % des cas et de LST-NG dans 10,6 % des cas.

Les lésions étaient situées au niveau du bas rectum dans 45,7 % des cas, du moyen rectum dans 28,5 % des cas et du haut rectum dans 25,8 % des cas. 

La durée médiane de procédure était de 170 minutes (±78,9) avec une différence non significative entre le groupe DSM et EMR (171, range : 27-420 vs. 120, range : 60-180, p=0,095)

Le taux de complication était plus important dans le groupe ESD (4,4% vs 0%, p<0,001) avec  2,3 % de perforation et 8,6 % d’hémorragie retardée.

Histologiquement, 70 % des lésions étaient des adénomes en dysplasie de bas ou haut grade, 1,6 % des lésions étaient des adénomes festonnés, 14,5 % des adénocarcinomes intra-muqueux, 5 % des adénocarcinomes sous muqueux et 1,6 % des tumeurs classées T2.

Les taux de résection monobloc et R0 étaient statistiquement plus élevés dans le groupe DSM (85,4 % vs 68,1 % et 88,1 % vs 48,1 % respectivement) (p<0,001).

Le taux de récidive au contrôle endoscopique réalisé en moyenne à 6 mois était de 8,6 % et statistiquement moins élevé dans le groupe DSM (4,3 %) que dans le groupe EMR (16,9 %) (p=0,005).

Environ 6 % des patients étaient opérés secondairement, le plus souvent pour des critères histologiques défavorables, sans différence significative entre les deux groupes (p=0,731).

Discussion

Conclusion

La DSM du rectum à un taux de résection R0 monobloc supérieur et un taux de récidive inférieur par rapport à la mucosectomie.

Il est donc important d’obtenir la valorisation financière de cet acte et d’organiser un apprentissage dans les centres experts.

Remerciements