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P0 - Comparaison entre deux techniques de chimiothérapie intrapéritonéale (la CHIP et la CIPPI) après résection compète d'une carcinose péritonéale d'origine colorectale

Elias Dominique, Benizri E, Lasser Philippe, Malka David, Goéré Diane, Raynard Bruno
Objectif

La résection chirurgicale complète d’une carcinose péritonéale (CP) traitant la maladie macroscopique, suivie d’une chimiothérapie intrapéritonéale (IP) immédiate traitant la maladie microscopique résiduelle est susceptible de guérir certains patients. Cette chimiothérapie IP a été délivrée sous 2 modalités différentes au cours des 10 dernières années : la chimiohyperthermie IP (CHIP) peropératoire et la chimiothérapie intrapéritonéale postopératoire immédiate (CIPPI) sans hyperthermie.


But : Comparer CHIP et CIPPI en terme de tolérance et d’efficacité chez des patients identiques.

Patients et Méthodes

23 patients consécutifs, porteurs d’une CP d’origine colique, ont été traités par chirurgie complète suivie de CHIP avec de l’oxaliplatine 460 mg/m² ;  ; dans 1L/m² ;  ;, pendant 30 min à 43°C, avec perfusion iv préalable de 5-FU acide folinique. Leur recul minimum après CHIP était de 2 ans. Parmi 37 patients porteurs de la même pathologie mais traités par chirurgie complète suivie d’une CIPPI au cours des années précédentes, nous avons sélectionné les 23 qui étaient les plus similaires à ceux traités par CHIP, afin de réaliser une étude comparative rétrospective. La CIPPI débutait juste après la chirurgie avec de la mitomycine C (10 mg/m² ;  ;) dans 1L/m² ;  ; à J0 pendant 12h, puis avec 4 cures de 5-FU (15 mg/Kg) dans 1L/m² ;  ;, pendant 23h/24, de J1à J4.

Résultats

Les 2 groupes avaient de paramètres strictement similaires à l’exception de la durée opératoire (plus longue de 68 min dans le groupe CHIP) . La mortalité était statistiquement identique dans les 2 gp, même s’il y a eu 2 décès dans le gp CIPPI et 0 dans le gp CHIP.L’incidence des fistules digestives était plus élevée (p = 0.02) dans le gp CIPPI (26 %) que dans le gp CHIP (0 %) . La survie globale à 5 ans était supérieure dans le gp CHIP (54 %) par rapport au gp CIPPI (28 %), mais de façon non (encore ?) significative : p = 0.22. Les récidives péritonéales étaient deux fois moindres (p = 0.03) dans le gp CHIP (26 %) que dans le gp CIPPI (57 %).

Conclusion

Cette étude montre que la CHIP est mieux tolérée que la CIPPI et deux fois plus efficace pour traiter une maladie péritonéale résiduelle infra-millimétrique.