JFHOD

CO.130 - Complications infectieuses dans les pancréatites aiguës nécrosantes : incidence des infections pancréatiques et extra-pancréatiques

M. Deschamps de Boishebert, E. Gelsi, E. Mariné-Barjoan, C. Gomercic, J. Laveissière, D.J. Ouizeman, E. Larrey, A. Nicolau, A. Tran, S. Schneider, X. Hébuterne, G. Vanbiervliet, T. Piche

Introduction

La survenue d’une infection dans les pancréatites aigues (PA) graves est un événement fréquent avec un risque de morbi-mortalité important. Il existe peu d’études récentes décrivant le type de germe et les résistances éventuelles aux antibiotiques.L’objectif principal de notre travail était d’étudier l’incidence des infections dans les PA nécrosantes et de décrire la population bactériologique retrouvée. Les objectifs secondaires étaient de rechercher des facteurs de risques associés à une infection bactérienne et d’estimer la prévalence de résistances bactériennes.

Patients et Methodes

Il s’agit d’une étude descriptive, prospective et mono-centrique menée de Juillet 2017 à Avril 2019. Les patients inclus étaient hospitalisés pour PA avec un score de Balthazar > C.Ils étaient suivis pendant toute la durée de leur hospitalisation. Le diagnostic d’infection était retenu lorsqu’au moins un germe était identifié sur les prélèvements à visée bactériologique  associé à une forte suspicion clinique (point d’appel infectieux, fièvre ou dégradation clinique) et biologique (syndrome inflammatoire). La résistance bactérienne était définie dans notre étude par l’acquisition d’une résistance à des antibiotiques pour lequel l’espèce est naturellement sensible.

Résultats

Soixante-neuf patients ont été inclus dans notre étude (68% d’hommes) avec un âge moyen de 59 ans. 49% des PA étaient d’origine lithiasique. La mortalité était de 9% (6/69). L’incidence de l’infection s’élevait à 55% (38/69) : 23%  d’infections de coulée de nécrose et 32% d’infections extra-pancréatiques. Parmi elles, 69 cas étaient documentés par un prélèvement positif, ayant permis d’identifier 108 germes différents. Parmi les infections de coulées de nécrose, 45% étaient associées à des entérobactéries (EB), 17 % à des Cocci gram positifs (CGP) et 13,5% à Candida. Elles étaient poly microbiennes dans 63% des cas. Dans les infections extra pancréatiques, 44% étaient associées à des CGP, 37% à des EB, et 5% à Candida.Une antibiothérapie était instaurée chez 67% des patients de l’étude (46/69). Chez 11 patients, les prélèvements bactériologiques n’avaient pas permis d’isoler un germe dans le cadre d’un épisode fébrile.Les facteurs associés à une infection étaient: en analyse uni variée, l’âge (63 ans vs54,1 ans p=0,04), un score APACHE II ≥ 8 (p=0,002), une défaillance respiratoire (p=0,0009), un séjour en réanimation (p=0,0003) et un SRIS à l’admission (p=0,003), un score de balthazar E (p=0,007) et une nécrose intra-pancréatique >50%  (p=0,03).  En analyse multivariée, le seul facteur statistiquement significatif associé au risque d’infection était la présence d’un Walled-off necrosis (WON)(p=0,0452). Dix-huit patients ont présenté une infection à germe résistant (47%) soit 22% de la population bactérienne (24/108). En analyse uni variée , une infection à germe résistant était plus fréquent chez les hommes (p=0,03), en cas de transfert en réanimation (p=0,004), pour une défaillance respiratoire (p=0,004) et dans les PA sévères (p=0,009). La présence d’un WON était plus fréquemment observée en cas de résistance (p=0,004). 

En comparaison avec d’autres études publiées dans la littérature, l’incidence des infections était plus élevée dans notre étude (55% contre 37% et 31,4%) mais l’infection de coulée de nécrose était moindre (23% contre  43% et 48%). 

Discussion

Conclusion

Les infections de coulées de nécrose restent la principale cause infectieuse dans les PA nécrosantes liées à des germes d’origine digestifs tandis que les infections extra-pancréatiques sont les complications de l’hospitalisation prolongée (infection de cathéter, pneumopathie acquises et urinaires) et liées à des entérobactéries ou colonisation à partir de Gram positif.  Le type d’infection et l’apparition de résistances ne semble pas s’être modifiée ces dernières années. Le WON était le facteur le plus fortement associé au risque infectieux dans notre étude

Remerciements