JFHOD

C.111 - Concordance anatomo-radiologique du CHC selon les critères LIRADS v2018 et AASLD 2011 : la biopsie et la radiologie sont complémentaires

T. Decaens, M. Jacquemin, Y. Teyssier, M. Roustit, N. Sturm, C. Costentin, J. Ghelfi, M. Chririca, B. Brusset

Introduction

Les critères non invasifs d’imagerie ont aujourd’hui pris une place prépondérante dans le diagnostic du carcinome hépatocellulaire. Leur monopôle reste à ce jour controversé au sein de la communauté scientifique. Le but de cette étude était d’étudier la performance diagnostique de deux algorithmes utilisés en pratique courante, le Liver Imaging Reporting and Data System (LIRADS version 2018) et les critères de American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD) de 2011.

Patients et Methodes

Tous les malades cirrhotiques porteurs de nodules suspects de tumeur primitive ayant été biopsiés au CHU Grenoble Alpes, ont été inclus rétrospectivement entre janvier 2015 et mars 2020. Les imageries disponibles (scanner et/ou IRM) ont été relues en aveugle indépendamment par deux radiologues. La performance diagnostique des critères LIRADS v2018 et AASLD 2011 était déterminée sur la base des calculs de sensibilité, spécificité, valeur prédictive positive et négative. La concordance entre les deux radiologues était évaluée par le coefficient kappa de Cohen.s les malades cirrhotiques suspects de tumeurs hépatiques primitives et ayant été biopsié au CHU Grenoble Alpes, ont été inclus rétrospectivement entre janvier 2015 et mars 2020. Les imageries disponibles (scanner et/ou IRM) ont été relu en aveugle par deux radiologues indépendants. La performance diagnostique de l’imagerie des critères LIRADS v2018 et AASLD 2011 était déterminée sur la base des calculs de sensibilité, spécificité, valeur prédictive positive et négative.

Résultats

Au total 167 malades avaient eu une biopsie et une imagerie analysable. Il s’agissait d’hommes dans 93% des cas, d’un âge médian de 72 ans, avec cirrhose de Child A dans 88% des cas et MELD moyen de 9. Le taux médian d’AFP était de 8 ng/ml. Pour 30 d’entre eux, la biopsie était considérée comme non contributive pour le diagnostic de leur tumeur (18%). Sur les 137 biopsies contributives, le diagnostic de CHC a été porté dans 114 cas (83,2%). Parmi les non-CHC (n=23), 11 (47,8%) d’entre eux étaient des lésions bénignes et 12 (52,2%) des lésions malignes.  Les valeurs prédictives positive (VPP) et négative (VPN) des catégories LIRADS étaient de : 73,7%/15,3% (LR4), 92,5%/30,4% (LR5), 88,2%/17,5% (LR-TIV), 54,5%/14,3% (LRM), 88,8%/29,7% (LR4+5) et 88,8%/47,4% (LR4+5+TIV). Les VPP et VPN des critères AASLD de 2011 était de 93,2% et 35,6%. Le kappa inter-observateur pour la catégorie LR5 était de k=0,380. Dans notre cohorte, 9 cholangiocarcinomes ont été identifiés par la biopsie, seulement 4 étaient correctement classés selon LIRADS (LRM).

Parmi les tumeurs classées LR5 selon LIRADS ou CHC selon les critères de l’AASLD, 7,4% et 6,8% respectivement n’étaient pas du CHC à la biopsie. Par ailleurs, parmi les 9 cas de cholangiocarcinome prouvés, 2 (22%) étaient évocateur de CHC à l’imagerie quelque soit les critères (LR5 ou AASLD).

De plus, 48% des CHC de grade 3-4 d’Edmonson et 50% des CHC macrotrabéculaires n’étaient pas classés LR5 selon LIRADS et donc non formellement identifiés comme des CHC alors que ce sont les tumeurs ayant le plus mauvais pronostic.

Discussion

Conclusion

Dans une population de patients cirrhotiques suspects de tumeurs hépatiques primitives avec biopsie de leur tumeur, le LIRADS v2018 n'est pas plus performant que le score AASLD 2011 pour le diagnostic non invasif de CHC. Ces critères, classent CHC, environ 7% de tumeur qui n’en sont pas et 22% des cholangiocarcinomes sont classés dans les CHC. La performance diagnostique des critères est moins bonne dans les groupes histologiques de mauvais pronostic (Edmonson G3/G4, macrotrabéculaire massif).

Remerciements

Financement Guerbet