JFHOD

CO.120 - Consommation de protéines et risque de maladie inflammatoire chronique intestinale dans la cohorte européenne EPIC-IBD

C. Dong, Y. Mahamat Saleh, A. Racine, P. Jantchou, G. Epic-Ibd, F. Carbonnel, M.C. Boutron-Ruault

Introduction

L’alimentation pourrait jouer un rôle dans la survenue des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI). Une étude de cohorte française a montré qu’un apport en protéines élevé était associé à la survenue de MICI (1). Notre objectif était d’étudier cette association au sein de la cohorte européenne multicentrique EPIC-IBD (European Prospective Investigation Into Cancer and Nutrition – Inflammatory Bowel Diseases).

Patients et Methodes

413593 personnes de 8 pays européens ont été inclus. Les données alimentaires ont été recueillies à l’inclusion à l’aide de questionnaires validés, propres à chaque pays. Les apports protéiques totaux, d’origine animale et d’origine végétale ont été estimés en utilisant une table de conversion commune standardisée entre les pays participants. Les associations entre apports protéiques, sources de protéines animales, et survenue de MICI ont été estimées par modèles de Cox multivariés.

Résultats

Après un suivi moyen de 16 ans, 595 cas incidents de MICI ont été validés dont 177 cas de maladie de Crohn (MC) et 418 cas de rectocolite hémorragique (RCH). Il n’y avait pas d’association entre les apports en protéines totales et le risque de MICI (HR ajusté = 1,25 ; IC95% = 0,89-1,77 pour le 4ème vs. le 1er quartile de la distribution en apports protéiques, p de tendance = 0,36). Aucune association n’a été observée avec les apports protéiques d’origine animale ou végétale. Cependant, il y avait une association entre le risque de survenue de MICI et un apport croissant en « viande totale » (HR ajusté = 1,37 ; IC95% = 1,02-1,82 pour le 4ème vs. le 1er quartile de la distribution en apports en « viande totale », p de tendance = 0,003). Par ailleurs, il existait une association entre viande totale, notamment en viande rouge, et survenue de RCH (HR ajusté = 1,61 ; IC95% = 1,10-2,36 pour le 4ème vs. le 1er quartile de la distribution en apports en « viande rouge »). Aucune association n’a été observée avec les sources d’apports en protéines d’origine animale dans la MC.

Discussion

Conclusion

Nous n’avons pas observé d’association entre la consommation de protéines totales, d’origine animale, ou d’origine végétale et la survenue d’une MICI dans la cohorte européenne EPIC-IBD. En revanche, il y avait une association entre un apport croissant en viande et le risque de MICI, et une association entre un apport croissant en viande rouge et le risque de RCH.

Remerciements

Remerciements à la SNFGE pour son soutien.