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CO.21 - Consommation de soins au cours du syndrome de l’intestin irritable en France : étude de cohorte sur 7 ans réalisée chez 30 000 patients avec le système national des données de santé

J.M. Sabaté, S. Rivière, P. Jouet, C. Gastaldi-Menager, A. Fagot-Campagna, P. Tuppin

Introduction

Le syndrome de l’intestin irritable  (SII) qui associe douleurs abdominales et troubles du transit a une prévalence de 10% en France. Il peut entraîner une altération de la qualité de vie importante notamment chez les patients avec des formes sévères de SII et être responsable de dépenses de santé importantes. L'objectif de cette étude était d'évaluer l'utilisation des soins de santé dans le SII en France.

Patients et Methodes

Le Système National de Données de Santé (SNDS) a été utilisé pour sélectionner les adultes couverts par le régime général de santé (87% de la population) avec une hospitalisation pour le SII en 2015. Les soins de santé remboursés au cours des 5 années précédentes et 1 an après l'hospitalisation ont été étudiés.

Résultats

Parmi les 43,7 millions d’adultes, nous avons identifié 29509 patients (0,07% du total, 33% d'hommes, 67% de femmes, âge moyen de 52 ans) dont 30% ont été admis en urgence. Au cours de leur hospitalisation, 33% avaient une endoscopie digestive haute et 64% une coloscopie. Dans les 5 années précédentes, 65% avaient au moins une hospitalisation (3% avec diagnostic de SII), 58% une échographie abdominale, 27% une tomodensitométrie abdominale, 21% une endoscopie digestive haute et 13% une coloscopie. L'année précédente, ces taux étaient respectivement de 39% (1%), 36%, 16%, 4%, 7% et certains d'entre eux avaient diminué l'année suivante avec respectivement: 27% (1%), 27%, 13%, 4%, 5%, 4%. D'autres examens ont aussi été réalisés, manométrie ano-rectale  pour 0,2%; défécographie pour 0,1% et échoendoscopique basse pour 0,1% des patients.

L'année précédent l’hospitalisation, 86% avaient au eu au moins une NFS (25% trois fois ou plus), 65% un dosage de CRP (13%), 58% un dosage de TSH (7%) et 8% un test sérique de maladie cœliaque; l'année suivante ces taux étaient respectivement à 63% (17%), 44% (8%), 43% (5%) et 3% (0,3%).

Pour les médicaments du SII, au moins un remboursement était retrouvé pour 85% des patients dans les 5 ans auparavant, 65% l’année précédente et 51% un an plus tard. Les laxatifs ont été largement utilisés (95% dans les cinq années précédant l'hospitalisation, 92% un an plus tôt et 89% un an plus tard). La sous-classe la plus utilisée était les laxatifs osmotiques. La classe des "anti-diarrhéiques, anti-inflammatoires et anti-infectieux intestinaux" était la plus impactée par l'hospitalisation avec respectivement 49%, 25% et 18% des individus ayant reçu au moins un remboursement dans les 5 ans avant, l'année précédente ou 1 an après.

L'année précédant l'hospitalisation, 96% des patients atteints du SII, avaient vu leur médecin généraliste plus d'une fois et 84% trois fois ou plus, tandis que 78% avaient vu un gastro-entérologue  Néanmoins, au cours des cinq années précédant l’hospitalisation, 82% des patients avaient consulté un gastro-entérologue au moins une fois (16% trois fois ou plus), ces fréquences ont diminué au cours de l'année suivant l'hospitalisation, 19% des patients ayant eu au moins une visite (3% trois ou plus). Pour tous les spécialistes, y compris les gastro-entérologues, 37% des patients ont eu trois consultations ou plus l’année précédente et 28% l’année suivante. Environ 10% des patients avaient consulté au moins une fois un psychiatre l'année précédant ou suivant l'année de référence.

Discussion

Conclusion

Cette étude utilisant pour la première fois le SNDS pour l'évaluation de la consommation de soins de santé au cours du SII a mis en évidence la réalisation et la répétition probablement non utile d'un grand nombre de consultations et d'examens (radiologiques et biologiques), sans forte diminution de ces consommations de soins après l'hospitalisation index.

Cela pourrait s'expliquer en partie par la difficile relation patient-médecin qui peut augmenter la recherche de soins. Ces données plaident pour la diffusion des recommandations des sociétés savantes nationales auprès des médecins et le développement d'une éducation thérapeutique pour le SII dirigée vers les patients pour augmenter l'efficience des dépenses de santé.

Remerciements