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CO.107 - Continence anale et lésions proctologiques chez des patients obèses avant et après chirurgie bariatrique : étude prospective monocentrique

A.L. Pelletier, A. Boukris, S. Karunakaran, F. Dib, B. Hansel, A. Konstantinos, L. Abramowitz

Introduction

L’incontinence anale (IA) est un problème de santé publique et est favorisée par l’obésité. Alors que la chirurgie bariatrique améliore l’incontinence urinaire, l’impact sur l’IA n’est pas connu avec des données contradictoires (1).

Patients et Methodes

L’objectif principal de l’étude est d’évaluer la continence anale par le score de Wexner et Vaisey (WV) et les lésions proctologiques  avant et 1 an après une chirurgie bariatrique par sleeve gastrectomie. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer la continence anale par manométrie et la qualité de vie en rapport avec les symptômes digestifs par des questionnaires. Nous avons inclus de manière prospective les patients consultant pour prise en charge chirurgicale d’une obésité. Les patients ont eu à compléter des questionnaires (score de WV, FIQL, BFI (dyschésie), Burden hémo-FISS, USP)  avec un examen proctologique (recueil des symptômes, anuscopie et une manométrie anorectale dans les 6 mois précédent la chirurgie puis à 1 an de suivi).

Résultats

117 patients ont été inclus dont 84.6% de femmes, d’âge médian 45 ans. 28% avaient un diabète (dont 20.4% traités par metformine vs 19.2% à 1 an), 48.9% avaient accouché au moins une fois par vois basse, 7.7% avaient déjà eu une lésion anale, 10.6% une chirurgie anale et 7.9% une hystérectomie. 98 patients ont eu une sleeve gastrectomie dont  54 patients ont eu une évaluation à 1 an. L’IMC médian est de 41.2 à l’inclusion vs  29.6 à 1 an. 14.5% des patients à l’inclusion vs 18.5% à 1 an ont une IA définie par un score de WV >4.  A l’inclusion 36% avaient une plainte proctologique vs 42.3% à 1 an dont une constipation 60% vs 90% ; une diarrhée  10% vs 4.5%; une tuméfaction anale 13.2% vs 13.6%, un  prurit 12.5% vs 0%, un suintement 20.5% vs 4.5%, des fuites anales incontrôlées 10.3% vs 4.5%, un saignement 12.5% vs 13.6%, une douleur 7.5% vs 4.5%. 4.5% des patients prenaient un laxatif avant l’opération vs 5.8 % à 1 an. Les  anomalies  proctologiques  à l’examen étaient présentes pour 12% des patients à l’inclusion vs 3.8% (p NS) à 1 an dont 2 maladies hémorroïdaires et 4 fissures à l’inclusion vs 2 maladies hémorroïdaires et 2 fissures à 1 an. Un seul patient avait un abcès à l’inclusion. Aucun prolapsus rectal n’était décrit.

A la manométrie la contraction anale(CA)  de repos à l’inclusion puis à 1 an était  de  40 vs 30 mmHg, la contraction volontaire maximale (CVM) de 60 mmHg aux 2 évaluations, le volume rectal maximal de 180 vs 160 cc, un anisme ou asynchronisme abdomino-périnéal était présent pour 11.1% vs 21.2% des patients. 36.8% avaient une CA <30 mmHg à l’inclusion vs 60.5% à 1 an ; 63.2% avaient une CVM < 85 mmHg vs 81.3% à la 2e évaluation.

Le score BFI médian était de 16.7 à l’inclusion vs 11.7 à 1 an. Il n’y avait pas de différence dans le score FIQL entre les 2 périodes. Le score USP moyen était de respectivement de 1.3 vs 0.7 pour l’incontinence urinaire, 2.3 vs 2.1 pour l’hyperactivité vésicale et de 0 vs 0.2 pour la dysurie.

Discussion

Des patients étant encore en cours de suivi, des évaluations plus complètes seront disponibles en mars 2019.

Conclusion

L’incontinence anale ne semble pas améliorée par la chirurgie bariatrique contrairement à l’incontinence urinaire. La fréquence des lésions proctologiques n’a pas significativement diminuée après sleeve gastrectomie

Remerciements

Bourse FARE de la SNFGE.