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CO.82 - Corrélations entre les données radiomiques et le statut moléculaire RAS/BRAF dans la tumeur et le sang circulant chez les patients traités pour un cancer colorectal métastatique

M. Verdalle Cazes, M. Hassine, D. Sefrioui, R. Modzelewski, A. Amyar, P. Vera, J.N. Dacher, P. Michel, F. Di Fiore, C. Savoye-Collet

Introduction

La radiomique est l’étude d’un grand nombre de paramètres quantitatifs extraits d’une image médicale. Si la méthode est en plein essor, la confrontation de ces paramètres aux variables cliniques, moléculaires et à l’ADN tumoral circulant (ADNtc) a été peu étudiée chez les patients traités pour un cancer colo-rectal métastatique (CCRm).

L’objectif de cette étude pilote était d’évaluer la corrélation entre des paramètres radiomiques de métastases hépatiques (MH) de cancer colo-rectal avec les données de réponse, de survie et le statut moléculaire RAS/BRAF dans le tissu tumoral et dans l’ADNtc.

Patients et Methodes

Tous les patients traités dans notre centre pour un CCRm avec MH dans le cadre de la cohorte prospective COCA-COLON ont été inclus. Pour l’étude des paramètres radiomiques, toutes les MH de chaque patient étaient segmentées en 3 dimensions sur le scanner du bilan initial, effectué avec une injection de produit de contraste iodé au temps portal. Au total, 44 paramètres radiomiques ont été extraits par un logiciel dédié permettant l’analyse des paramètres d’histogramme, de texture, et de morphologie. Une matrice de corrélation de Spearman a été dressée et les valeurs p ont été corrigées par la méthode de Bonferroni. Les critères de jugement étudiés étaient la corrélation entre les paramètres radiomiques et la présence d’une mutation RAS/BRAF dans la tumeur et l’ADNtc, le taux d’ACE, la réponse à 3 mois selon les critères RECIST, la survie sans progression (SSP) et la survie globale (SG).

Résultats

Un total de 78 patients a été inclus avec une médiane de SG et de SSP au moment de l’analyse de 15 et 6 mois, respectivement. Une mutation RAS ou BRAF était détectée dans 57% des tumeurs, avec un taux initial moyen d’ACE de 1371 ng/mL, et un taux initial moyen d'ADNtc de 25%.

Le critère de texture GLRLM SRHGE était statistiquement corrélé à la présence d’une mutation RAS/BRAF dans la tumeur (r = 0.53 ; p = 0.0007).  Par ailleurs, plusieurs critères étaient statistiquement corrélés au dosage de l’ACE : GLRLM GLNU (r = 0.53, p = 0.000002), NGLDM Coarseness (r = 0.52, p = 0.000003), GLRLM RLNU (r = -0.52, p = 0.000003), le volume tumoral (r = 0.52, p = 0.000003), et la compaction tumorale (r = 0.5, p = 0.000007). De même, plusieurs critères étaient statistiquement corrélés aux dosages de l’ADN tumoral : le volume tumoral (r = 0.68, p = 0.00002), la compaction tumorale (r = 0.68, p = 0.00003), GLRLM GLNU (r = 0.68, p = 0.00003), GLRLM RLNU (r = 0.68, p = 0.00003).

En revanche, aucun paramètre radiomique n’était statistiquement corrélé aux données de réponse, de SSP et de SG.

Discussion

Conclusion

A notre connaissance, nos résultats suggèrent pour la première fois que les paramètres radiomiques sont corrélés à des variables biologiques et moléculaires d’intérêt dans le CCRm.

La corrélation avec notamment le statut RAS/BRAF, l’ACE et l’ADNtc apparaît très prometteuse et des études sur de plus larges effectifs sont nécessaires pour confirmer ces résultats et évaluer plus précisément l’impact sur la survie.

Remerciements