JFHOD

CO.065 - Définition de la réponse transmurale sous traitement dans la maladie de Crohn via une méthodologie en 4 étapes dans une cohorte de 274 patients

A. Buisson, C. Hordonneau, J. Vignette, L. Manlay, M. Reymond, E. Sollelis, M. Boube, B. Pereira, J. Junda

Introduction

La cicatrisation transmurale évaluée par IRM est un objectif thérapeutique prometteur chez les patients atteints de la maladie de Crohn, car elle est associée à de meilleurs résultats à long terme. Cependant, la meilleure définition de la réponse thérapeutique au niveau transmural  reste inconnue.

L'objectif était d'identifier la meilleure définition de la réponse transmurale sous traitement à partir des scores IRM disponibles comme le meilleur compromis entre 1) la prédiction d'une évolution favorable à long terme, 2) un taux suffisant de patients capables d'atteindre cet objectif avec les traitements actuels, 3) la sensibilité au changement sous traitement, et 4) l'absence d'items redondants donnant la même information au sein du score  IRM.

Patients et Methodes

A partir d'une base de données regroupant tous les patients consécutifs ayant réalisé une IRM pour évaluer une MC luminale entre janvier 2012 et juin 2018 dans un centre MICI, nous avons sélectionné tous les patients atteints de MC (> 18 ans) ayant réalisé deux IRM avec: 1) des signes objectifs d'inflammation à la 1ère IRM, 2) la seconde IRM réalisée pour évaluer l'efficacité thérapeutique, 3) suivi> 6 mois et pas de chirurgie entre les deux IRM. Tous les patients ont réalisé une IRM évaluant l'intestin grêle et le côlon selon un protocole standardisé (pas de préparation colique la veille et pas de distension colique).

Nous avons comparé les 5 scores IRM disponibles dans la MC: MaRIA, MaRIA simplifié, score de Clermont, score de Nancy et indice de Londres calculés comme précédemment publiés. Les seuils testés étaient ceux proposés dans la littérature mais également une baisse de 25 % ou de 50 %. Les potentielles définitions ont été testées  selon  4 étapes et successivement éliminées si :

1)Elles n'étaient pas capable de prédire le risque de chirurgie et d'intensification thérapeutique pour rechute (courbes de Kaplan-Meier); 2)La prévalence n'étaient pas significativement supérieure à celle de la normalisation de l'IRM; 3) La sensibilité au changement était faible (différence moyenne standardisée = DMS); 4) Plusieurs items du score donnaient la même information (étude de co-existance des lésions IRM par segments).

Résultats

Parmi, 443 patients ayant réalisé 889 IRM, 274 patients ont été inclus (âge moyen 33,1 ± 15,8 ans, durée médiane de la MC = 7,0 [2,013,0] ans, 36,4% de fumeurs, 31,4% avant résection intestinale, L1 = 51,5%, L2 = 5,5% et L3 = 43,1% , 25,9% de lésions ano-périnéales, 35,4% de sténose CD et 31,0% de CD fistulisante). Le délai médian entre les 2 IRM était de 9,3 mois.

Les 5 scores avaient des seuils capables de prédire le risque de chirurgie et d'intensification thérapeutique avec des hazard ratio compris entre 0.07 et 0.31 pour la chirurgie, et 0,20 et 0,49 pour l'intensification thérapeutique, p < 0.05).

Parmi ces seuils, seuls une diminution de 25% du score de Clermont (20,1%) et un score de Nancy ≤ 2 (15,7%, p = 0,0008, tendance non significative en raison de comparaisons multiples) étaient atteints de manière plus fréquente par rapport au taux de normalisation de l'IRM sous traitement de 10.6%.

La sensibilité au changement était par ordre décroissant: indice de Londres (DMS=0,48[0,32-0,64]), MaRIA (DMS=0,39[0,28-0,51]), score de Clermont (DMS=0,37[0,25-0,48]), score de Nancy (DMS=0,15[0,07-0,23]) et MaRIA simplifié (DMS=0,11[0,03-0,19]).

Sur 367 segments actifs sur la 1ère IRM, la présence à l'inclusion (>94%) ou la disparition sous traitement (> 83%) de l'oedème, de l'hypersignal de diffusion, de la prise de contraste ou d'un épaississement pariétal sont fortement concordantes  témoignant du fait que ces items apportent la même information et sont redondants. Les ulcérations, l'épaissisement de la graisse ou la présence d'adénopathie donnaient des informations indépendantes.

Discussion

Nos résultats confirment que les scores IRM ont été développés pour détecter la présence d'une activité inflammatoire mais pas pour évaluer une réponse thérapeutique. Il sont limités par leur complexité (MaRIA, score de Clermont), la redondance des items (score de Nancy), le manque de sensibilité au changement (score de Nancy, MaRIA simplifié) ou le manque de prédiction de l'évolution de la MC (MaRIA simplifié).

Conclusion

Le score de Clermont (baisse de 25%) et à un moindre degré le score Nancy (≤ 2) semblent représenter les meilleures définitions disponibles de la réponse transmurale sous traitement dans la MC.

Toutefois, des critères consensuels utilisables en pratique quotidiennes et dans les essais cliniques restent à établir.

Remerciements