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Thématique :
- Pancréas/Voies biliaires
Originalité :
Intermédiaire
Solidité :
Intermédiaire
Doit faire évoluer notre pratique :
Dans certains cas
 
 
Nom du veilleur :
Docteur Louis DE MESTIER
Coup de coeur :
 
 
Journal of clinical oncology (JCO)
  2019/05  
 
  2019 May 1;37(13):1070-1080.  
  doi: 10.1200/JCO.18.01512.  
 
  Deleterious Germline Mutations Are a Risk Factor for Neoplastic Progression Among High-Risk Individuals Undergoing Pancreatic Surveillance  
 
  Abe T, Blackford AL, Tamura K, Ford M, McCormick P, Chuidian M, Almario JA, Borges M, Lennon AM, Shin EJ, Klein AP, Hruban RH, Canto MI, Goggins M  
  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=Deleterious+Germline+Mutations+Are+a+Risk+Factor+for+Neoplastic+Progression+Among+High-Risk+Individuals+Undergoing+Pancreatic+Surveillance  
 
 

Abstract

PURPOSE:

To compare the risk of neoplastic progression by germline mutation status versus family history without a known germlinemutation (familial risk) among individuals with an increased risk for pancreatic cancer who are undergoing surveillance.

METHODS:

Of 464 high-risk individuals in the Cancer of the Pancreas Screening program at Johns Hopkins Hospital who were undergoingpancreatic surveillance, 119 had a known deleterious germline mutation in a pancreatic cancer susceptibility gene; 345 met family history criteria for pancreatic surveillance but were not known to harbor a germline mutation. We used next-generation sequencing to identify previously unrecognized germline mutations among these 345 individuals. We compared the development of pancreatic cancer, high-grade dysplasia, or clinically worrisome features, adjusting for competing mortality, among all germline mutation carriers with the risk of progressionin a cohort without a known germline mutation.

RESULTS:

Fifteen (4.3%) of 345 individuals classified as having familial risk had a previously unrecognized pancreatic cancer susceptibility gene mutation (nine that involved ATM, two BRCA2, one BRCA1, one PALB2, one TP53, and one CPA1). The cumulative incidence of pancreatic cancer, high-grade dysplasia, or worrisome features on pancreatic imaging was significantly higher in the germline mutation riskgroup (n = 134) than in the familial risk group (n = 330 [for pancreatic cancer, hazard ratio, 2.85; 95% CI, 1.0 to 8.18; P = .05]).

CONCLUSION:

The cumulative incidence of pancreatic cancer is significantly higher among individuals with an identifiable deleteriousgermline mutation in a pancreatic cancer susceptibility gene than it is among individuals with a strong family history but no identified mutation. Gene testing of individuals who meet criteria for pancreatic surveillance on the basis of their family history may better define those most at risk for neoplastic progression.

 

 
Question posée
 
Comparer le risque de développer un cancer pancréatique [CP] (ou de la dysplasie de haut grade) chez des individus à haut risque, porteurs d’une mutation délétère ou non.
 
Question posée
 
Cette étude a inclus 464 individus à haut risque à partir du consortium CAPS (CAncer of Pancreas Screening), ayant une mutation délétère connue de LKB1/STK11, CDKN2A ou PRSS1; ou une mutation d’un autre gène (BRCA1/2, PALB2, Lynch…) et ≥ 1 apparentés atteints de CP; ou pas de mutation connue mais ≥ 2 apparentés atteints de CP dont ≥ 1 au premier degré. Ces individus à haut risque étaient suivis selon les recommandations du CAPS. Une mutation délétère était identifiée chez 15/345 (4,3%) individus sans mutation délétère connue antérieurement. Le groupe des individus avec mutation délétère était caractérisé par un âge plus jeune, un plus grand nombre d’apparentés au premier degré atteint de CP, un risque plus élevé de développer des anomalies morphologiques de haut risque (HR 3,1, p<0,001) et un risque plus élevé de CP ou de dysplasie de haut grade (HR 2,8, p=0,02). Le suivi médian était court (3 ans). Le CP se développait à un âge plus jeune chez les patients avec mutation.
 
Commentaires

Le risque de lésion (pré)néoplasique est plus élevé chez des porteurs de mutation délétère connue qu’en cas d’antécédents familiaux sans mutation connue, mais ce n’est pas nouveau.

En effet dans les familles avec mutation connue, la recherche de la mutation chez les apparentés permet de sélectionner ceux qui sont candidats au dépistage. A l’inverse, dans les familles sans mutation identifiée, par défaut tous les apparentés sont considérés à risque et sont candidats au dépistage, alors que certains d’entre eux ne sont théoriquement pas porteurs de l’anomalie moléculaire. Dans ce cas, la surveillance semble particulièrement pertinente en cas de lésion pancréatique visible (quelle qu’elle soit), dont la présence reflète probablement que l’individu est porteur de l’anomalie moléculaire non-identifiée.

La tendance actuelle est à reculer l’âge de début du dépistage du CP chez les individus à haut risque (50-55 ans). Néanmoins, il pourrait être pertinent de débuter ce dépistage plus tôt (45 ans ou 10 ans avant l’âge index) chez les porteurs de mutation délétère.

Comme suggéré dans une publication récente (United European Gastroenterol J. 2019 Apr;7(3):358-368), lorsque le dépistage met en évidence une lésion pancréatique potentiellement à risque, l’existence d’une mutation délétère doit également être un argument en faveur de l’intervention chirurgicale.

 
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