JFHOD

C.097 - Dépistage de l’hépatite C dans le plus grand hôpital psychiatrique français

A. Pham, P. Niel, V. Dauriac-Le Masson, P. Montariol

Introduction

La prévalence de l’hépatite C (HC) est élevée chez les patients souffrant de troubles psychiatriques : 17% aux USA, 5% en Europe (Hughes, 2016). Cependant, les données concernant la séroprévalence du VHC chez les patients psychiatriques français sont très peu nombreuses :

  • 6% des patients hospitalisés dans un établissement psychiatrique de santé mentale, dans une étude réalisée il y a plus de 20 ans (Eveillard, 1999)
  • Entre 2.5 et 4.9% (Rémy, 2021) des patients hospitalisés entre 2016 et 2019 à l’hôpital Psychiatrique de Thuir (environ 1000 patients par an).

Les objectifs de notre étude étaient de recenser le taux de dépistage du virus de l’hépatite C (VHC) chez les patients hospitalisés dans le plus grand hôpital psychiatrique français, et d’établir le taux de séropositivité au VHC chez les patients dépistés.

Patients et Methodes

Tous les patients adultes hospitalisés en service de psychiatrie au sein du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences ont été inclus dans cette étude épidémiologique rétrospective (données fournies par le Département d’Information Médicale et le laboratoire de biologie médicale du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences). 

Résultats

En 2019, le pourcentage de dépistage pour le VHC parmi les patients adultes hospitalisés dans le plus grand hôpital psychiatrique français, le GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, était de 36.7%.

Les patients dépistés étaient significativement plus jeunes et souffraient plus de troubles liés à l’utilisation de substances que les patients non-dépistés.de plus, des disparités très importantes concernant les taux de dépistage ont été constatées selon les services hospitaliers (de 16 à 100% des patients hospitalisés dépistés).

La prévalence de patients VHC+ était de 3.5% parmi l’ensemble des patients dépistés dans le GHU, soit 10 fois plus élevée qu’en population générale. Les patients VHC positifs étaient significativement plus de sexe masculin, plus âgés, et souffraient plus de troubles liés à l’utilisation de substances que les patients VHC négatifs.

Discussion

Au vu de ces résultats, l’ensemble de la communauté médicale du GHU s’est mobilisée pour mettre en place un projet collaboratif « GHU Zéro hépatite C », décliné en trois volets (clinique, recherche et formation continue), afin d’améliorer le dépistage systématique et le traitement de l’hépatite C parmi l’ensemble de ses patients.

Le taux de dépistage moyen a ainsi pu augmenter :

  • 47% des patients hospitalisés en 2020
  • 70% des patients hospitalisés entre le 1° juin et le 31 août 2021 (les données pour l’ensemble de l’année 2021 seront disponibles pour le congrès JFHOD 2022).

Le but de ce projet GHU Zéro hépatite C est d’arriver à 100% de patients dépistés à l’horizon 2022.

Conclusion

Malgré une prévalence élevée du VHC parmi la population des patients souffrant de troubles psychiatriques, le dépistage systématique de l’hépatite C chez les patients hospitalisés en psychiatrie n’est pas systématique. Or cette population spécifique pourrait constituer un « réservoir oublié » pour le VHC (Rolland, 2020). Il est donc important de dépister systématiquement et de traiter tous les patients souffrant de troubles psychiatriques, pour atteindre cet objectif de santé publique d’éradication du VHC en France à l’horizon 2025.

Remerciements