JFHOD

CO.077 - Dépistage et traitement du VHC en milieu psychiatrique : l’expérience d’un parcours simplifié dans un CHS en milieu rural

F. Icole, P. Besancon, C. Jeannoel, F. Boulanger, J.P. Bronowicki

Introduction

Une méta-analyse suggère que la prévalence de l’hépatite C est dix fois plus élevée chez les malades psychiatriques par rapport à la population générale. Aucune étude française de prévalence du VHC dans cette population n’a été publiée jusqu’à présent.

Les buts de l’étude sont 1) de déterminer la séroprévalence du VHC, 2) décrire le profil des patients infectés et 3) évaluer l’applicabilité du parcours de soins simplifié recommandé par la HAS dans un CHS d’un département rural.

Patients et Methodes

Depuis janvier 2020, un dépistage systématique du VHC, du VHB et du VIH est proposé chez tous patients admis à l’unité intersectorielle d’accueil et d’orientation du CHS. En cas de sérologie positive, une charge virale est réalisée d’emblée sur un tube EDTA prélevé systématiquement. La fibrose est évaluée par FIB4.

Résultats

Entre le 7 janvier et le 1er octobre 2020, 407 malades ont accepté le dépistage.

Parmi eux, 17 (4,2%) étaient anti-VHC+, 2 anti-VIH+/anti-VHC- (déjà connus) et aucun agHBs+. L’ARN du VHC était détectable chez 9/17 anti-VHC+ soit une prévalence de l’infection de 2,2% dans la population étudiée. Le FIB4 était ≤1,45 chez 12/17 patients et ≥2,40 chez 2/17. Les caractéristiques des patients anti-VHC+ étaient les suivantes : 14 mâles, âge moyen 40 ans, 16 (94%) usagers de drogue dont 10 actifs, consommation d’alcool : non 4/17 (18%), modérée 3/17 (18%), mésusage 10/17 (59%), motifs d’hospitalisation : prise en charge d’une addiction 5/17, troubles délirants 6/17, troubles de l’humeur 5/17, troubles de la personnalité 2/17, troubles de l’adaptation 2/17. Un seul patient avait un emploi. Seuls 6 patients avaient un domicile fixe, les autres vivaient en foyer/logement social (5) ou chez les parents (3) ou étaient SDF (3).

Le coût des antiviraux étant supporté par le budget de l’hôpital, il a été décidé avant le lancement du programme, de débuter les antiviraux juste à la fin du séjour dans le cadre d’une rétrocession avec, le cas échéant, un suivi par une infirmière pour délivrer le traitement quotidiennement et/ou le médecin traitant.  Au final, 4 patients ont débuté un traitement antiviral (2 SOF/VEL, 2 G/P) à la sortie. Les médecins traitants des 5 autres ont été contacté pour prescrire les antiviraux. 

Discussion

Conclusion

Cette étude confirme que la prévalence de l’infection VHC (2,2%) est 7 fois plus élevée dans la population psychiatrique par rapport à la population générale ce qui justifie la poursuite du dépistage dans cette population. Le principal facteur de risque est de loin l’usage de drogue. Le parcours simplifié du traitement est adapté pour le milieu psychiatrique, néanmoins, les contraintes budgétaires sont un frein majeur pour débuter le traitement le plus tôt possible au cours de l’hospitalisation alors que cela permettrait probablement un taux de mise sous traitement plus important.Les résultats virologiques et le devenir après hospitalisation des patients infectés sont en attente.

Remerciements