JFHOD

C.091 - Déterminants antro-pyloro-duodénaux de la vidange gastrique en manométrie antro-duodénale haute résolution

H. Soliman, C. Desprez, C. Melchior, A.M. Leroi, G. Gourcerol

Introduction

La gastroparésie est définie par un ralentissement objectif de la vidange gastrique (VG) associé à des symptômes de dyspepsie et nausées vomissements [1]. Les déterminants moteurs responsables du ralentissement de la VG restent à ce jour mal identifiés. La manométrie antro-duodénale haute résolution (MADHR) réalisée avec une sonde électronique est une technique innovante permettant d’étudier de façon plus précise la motricité antro-pyloro-duodénale, avec 36 capteurs espacés d’un centimètre. L’objectif était de corréler le temps de VG aux mesures manométriques réalisées chez des patients avec des troubles fonctionnels adressés pour une manométrie du grêle.

Patients et Methodes

Une MADHR a été réalisée chez 38 patients avec symptômes évocateurs de gastroparésie, avec positionnement radioscopique. La motricité antro-pyloro-duodénale a été étudiée en période interdigestive (3h) puis en période post-prandiale d’un repas calibré de 250Kcal. La fréquence des contractions, leur localisation, leur amplitude, l’intégrale de contraction ainsi que la pression pylorique ont été recueillies. Dans le même temps, une mesure de la VG par test respiratoire à l’acide octanoïque marqué au 13C [2]. 

Résultats

Parmi les 38 patients, 14 avaient une VG ralentie. La motricité en période inter digestive n’était pas différente entre les malades avec VG normale et ceux avec VG ralentie. Il n’existait pas de différence sur la fréquence, l’amplitude et l’IC des contractions antrales en phase 2 et en phase 3 du complexe moteur migrant chez les deux groupes de patients. Aucune différence significative n’a été mise en évidence sur les contractions duodénales en phase 2 et 3 de la motricité inter digestives. La fréquence des phases 3 à départ antral était cependant diminuée chez les patients avec une VG ralentie (0.17 ± 0.03 vs 0.09 ± 0.02 phase par heure ; p=0.046). De plus, il n’existait pas de différence de pression au niveau du sphincter pylorique. Enfin, en période post prandiale, la fréquence des contractions antrales était significativement diminuée chez les patients avec une VG ralentie (150 contractions par heure (cph) ± 13 vs 112 ± 18 ; p=0.003). Cette diminution était surtout marquée sur les contractions antrales à forte amplitude (>150mmHg), avec une fréquence de 30 ± 4 cph vs 15 ± 7 ; p=0.05. L’amplitude moyenne antrale et l’IC antrale postprandiale n’étaient en revanche pas différentes (73 ± 8 mmHg vs 52 ± 10 ; p=0.11 et 7769 ± 1066 vs 5568 vs 1142 ; p=0.20 respectivement). L’amplitude, la fréquence et l’IC des contractions duodénales en post prandiale n’étaient également pas différentes entre les patients avec une VG normale ou ralentie.

Discussion

Conclusion

Notre travail montre qu’il existe une diminution de la fréquence des contractions antrales chez les patients avec une VG ralentie. En revanche, il n’existe pas de différence de motricité duodénale postprandiale ou inter digestive entre patients avec vidange normale ou ralentie.

Remerciements