JFHOD

CO.73 - Devenir des malades avec carcinome hépatocellulaire (CHC) traités par chimioembolisation (CE) : analyse finale de la population française de l’étude OPTIMIS

T. Decaens, A. Heurgué, L. Fartoux, C. Silvain, G. Amaddeo, F. Oberti, X. Adhoute, P. Mathurin, V. Ratziu, J.P. Bronowicki, J.L. Raoul

Introduction

La CE est communément utilisée pour traiter les malades avec un CHC non résécable. Cependant, il n’existe aucun consensus pour définir l’indication ou l’échec de la CE. Il est important  d’évaluer les ratios bénéfices/risques de poursuivre la CE après échec de celle-ci afin d’assurer l’accessibilité des malades à des traitements ultérieurs

Patients et Methodes

OPTIMIS est une étude internationale, prospective, observationnelle, qui a inclus 1680 patients, dont 209 évaluables en France, avec un CHC non résécable et pour lesquels la décision de traiter par CE avait été prise à l’inclusion. L’inéligibilité à la CE était pré-définie selon des recommandations et avis d’experts. Les données ont été analysées de façon descriptive

Résultats

Dans l’analyse  des 209 patients inclus en   France, 84 patients (40,2%) étaient non éligibles à la CE selon les critères spécifiques au protocole, parmi lesquels 60 (71,4%) avaient un statut ECOG ≥1, 71 (34%) étaient BCLC stade C ou D, 5 (6%) présentaient une extension extra-hépatique, et 6 (7,1%) avaient une thrombose porte. La PFS était respectivement de 221 jours  (CI 95% [171;260]) et de 174 jours  (CI 95% [118;232]) pour la population totale ayant eu une CE et la population inéligibles à la CE à l’inclusion. Après la première CE, moins de 5% des malades dégradent leur fonction hépatique de manière chronique. Les taux de réponses complètes et partielles après la première CE (n=209) étaient de 19,6% et 27,3% respectivement. Les taux de réponses diminuaient à la seconde CE (10,6% et 21,3% ; n = 141), à la 3ème (12,5% et 12,5% ; n=64) et 4ème CE (10,3% et 17,2% ; n=29). Après la première CE, 72 patients (34,9%) ont reçu du sorafénib dont 7 (3,3%) lorsqu’ils étaient devenus réfractaires à la CE selon les critères du protocole, alors que pour les 65 autres (31,1%) l’initiation avait été plus tardive. Lors de ce suivi post-CE, 40 patients (19,1%) ont reçu un traitement anti-cancéreux non systémique, dont 9% d’ablation percutanée (n=19) et 6,7% de transplantation (n=14). 26 patients (12,4%) ont reçu un traitement systémique anti-cancéreux qui n’était pas le sorafénib

Discussion

Conclusion

Ces résultats indiquent, que dans la vraie vie en France, la médiane des valeurs biologiques de la fonction hépatique n’est pas dégradée après la première TACE. Près de 35% des malades sont traité par sorafénib après inéligibilité à la TACE mais seulement 3% de manière précoce. 19% des malades reçoivent des traitements combinés non systémique. Cela montre une grande hétérogénéité des malades traités par TACE et montre le besoin d’un consensus portant sur les indications et la définition d’échec à la CE.

Remerciements