JFHOD

P.356 - Devenir des patients atteints de maladie de Crohn réfractaire à un anti-TNFα et à une biothérapie de deuxième ligne

L. Kassouri, A. Meyer, J. Kirchgesner, X. Treton, M. Allez, Y. Bouhnik, L. Beaugerie, A. Amiot, F. Carbonnel

Introduction

La prise en charge des patients ayant une maladie de Crohn (MC) réfractaire est complexe et mal codifiée. L’objectif de cette étude était de décrire le devenir des patients en échec d’un anti-TNF et d’une biothérapie de deuxième ligne et de déterminer les facteurs pronostiques associés à la chirurgie de l’intestin (résection intestinale, stricturoplastie et stomie).

Matériels et méthodes

Cette étude rétrospective conduite dans 5 centres universitaires entre janvier 2015 et février 2019, a inclus des patients consécutifs atteints de MC, en échec de deux lignes de biothérapies (anti-TNF et vedolizumab ou ustekinumab). Le succès d’une biothérapie de 3ème ligne était défini par une diminution de l’indice de Harvey Bradshaw (HBI) d’au moins 4 points et/ou une rémission clinique (HBI<5), sans interruption du traitement. Le taux de succès sans chirurgie intestinale était calculé en per protocole. Les probabilités de succès sans chirurgie intestinale ont été calculées par la méthode de Kaplan-Meier. Nous avons cherché les facteurs associés à la survie sans chirurgie par un modèle de régression logistique multivarié.

Résultats

Soixante et onze patients en échec d’anti-TNF et du vedolizumab et 29 en échec d’anti-TNF et d’ustekinumab ont été inclus. Au terme de 48 semaines de suivi, 16 (22,5%) patients ont été opérés après échec du vedolizumab et 7 (24,1%) après échec de l’ustekinumab. Dans la population totale, la probabilité de survie sans chirurgie intestinale était de 77,8% (IC95% 70,0% - 86,4%) à S24 et de 76,5% (IC95% 68,4% - 85,4%) à S48. En analyse multivariée, la probabilité de chirurgie était numériquement associée à la localisation iléale (HR 9,04 ; IC95% 1,00 - 81,86) et à l’exposition préalable à au moins deux anti-TNF (HR 2,18 ; IC95% 0,93 - 5,15).

Parmi les 71 patients en échec du vedolizumab, 46 ont reçu un traitement par ustekinumab et 13 par anti-TNF en 3ème ligne. Les probabilités de succès sans chirurgie intestinale dans le groupe ustekinumab en 3ème ligne étaient de 51,1% à S24 et 37,1% à S48. Ce taux était de 61,5% à S24 et de 46,2% à S48 dans le groupe anti-TNF en 3ème ligne.

Parmi les 29 patients en échec de l’ustekinumab, 4 ont reçu un traitement par vedolizumab et 12 par anti-TNF en 3ème ligne. Les probabilités de succès sans chirurgie intestinale dans le groupe anti-TNF en 3ème ligne étaient de 50,0% à S24 et 42,8% à S48.

Discussion

Conclusion

Dans une population de patients atteints de MC réfractaire à deux lignes de biothérapie, la probabilité de chirurgie intestinale après échec d’un traitement de 3ème ligne était de 23.5% à 48 semaines. Un antécédent d’échec d’au moins deux anti-TNF et une localisation iléale de la MC étaient numériquement associés à une probabilité plus élevée de chirurgie intestinale. En per protocole, le taux de succès d’une biothérapie de 3ème ligne était d’environ 40% à la semaine 48.

Remerciements

aucun financement n’a été perçu pour cette étude