JFHOD

P.236 - Diagnostic et prise en charge de l’œsophagite à éosinophiles de l’adulte. Résultats d’une étude monocentrique chez 67 patients

E. Meunier, P. Rivière, F. Poullenot, E. Chabrun, F. Zerbib

Introduction

L’œsophagite à éosinophiles (EoE) est une pathologie inflammatoire chronique de l’œsophage caractérisée par une infiltration à éosinophiles de la paroi oesophagienne. Les objectifs du traitement sont le soulagement symptomatique et la rémission histologique afin de limiter l'évolution vers les formes fibrosantes. Cette étude présente la première cohorte française de patients adultes atteints d’EoE.

Patients et Methodes

Etude transversale chez des patients adultes dont le diagnostic de EoE a été porté dans notre centre entre 2011 et 2019. Les symptômes actuels ont été évalués par le questionnaire GERQD et un questionnaire court de dysphagie. Les données démographiques et le parcours médical du patient étaient reconstitués en rétrospectif sur dossier.

Résultats

67 patients ont été inclus (76,1% d'hommes, âge moyen 40 ans) avec un suivi moyen de 4 ans (ext 0-14). Avant le diagnostic, 12 % des patients avaient reçu un traitement par IPP, 30% avait eu une endoscopie avec en moyenne 1,45 endoscopie/patient, 26% pour une impaction alimentaire (IA). Le diagnostic était porté dans 53% à la suite d’une consultation et dans 47% des cas suite à une IA. Le délai moyen de diagnostic était de 5,7 ans et 4,4 ans respectivement après consultation et IA. L’endoscopie initiale était considérée comme normale dans 37% des cas. En moyenne 5,3 biopsies par endoscopie étaient prélevées avec un protocole conforme aux recommandations européenne dans 38% des cas. Un contrôle endoscopique était réalisé dans 67% des cas, dans un délai moyen de 553 jours. Une rémission histologique a été obtenue chez 33% des patients de la cohorte. 74% des patients étaient traités en première intension par IPP, 52% ont eu besoin d’une seconde ligne de traitement. 19% ont eu une dilatation œsophagienne avec en moyenne 2,5 dilatations. On compte deux perforations œsophagiennes sur IA. Aux dernières nouvelles, 48% des patients suivaient un traitement (IPP et/ou corticoïdes et/ou régime).Seuls 5 patients suivaient un régime d'exclusion. 28% des patients étaient asymptomatiques, 28% déclaraient un évènement marquant (blocage > 30 min et/ou passage aux urgences dans les 12 derniers mois), et 22% étaient symptomatiques au moins 1 fois par mois.

Discussion

Conclusion

Cette étude confirme que la prise en charge des patients avec EoE est loin d'être optimale : le délai diagnostique est long, et la rémission histologique n’est confirmée que chez une minorité de patients. Un tiers des patients n’a pas d’endoscopie de contrôle et moins de la moitié suivent un traitement au long cours. Une meilleure information des patients sur les enjeux du traitement semble indispensable pour améliorer leur adhésion au traitement et au suivi. 

Remerciements