JFHOD

P345 - Diverticules acquis du jéjunum et de l'iléon : prise en charge diagnostique, thérapeutique et suivi à long terme

Danan David

Introduction

Les diverticules acquis du jéjunum et de l'iléon constituent une pathologie rare du tube digestif et sont peu connus malgré la survenue possible de complications graves. Notre objectif était de décrire la prise en charge diagnostique et thérapeutique de ces diverticules dans un centre médico-chirurgical tertiaire et de connaitre leur évolution à long terme.

Patients et méthodes

Il s'agissait d'une étude observationnelle, rétrospective sur 29 patients pris en charge dans un CHU expert en exploration de l'intestin grêle, entre janvier 2001 et avril 2016 chez qui ont été diagnostiqués un ou plusieurs diverticules du jéjunum et/ou de l'iléon (à l'exclusion des diverticules de Meckel et duodénaux), compliqués ou non. Ils ont été répartis en 3 sous-groupes selon l'imputabilité des diverticules dans la symptomatologie (nulle=IN, certaine=IC, probable=IP).

Résultats

L'âge moyen était de 69,4 ans (15 hommes). L'imputabilité des diverticules était certaine/probable chez 18 patients et nulle chez 11 patients. Les caractéristiques démographiques étaient comparables quel que soit l'imputabilité. Les complications liées aux diverticules étaient : une hémorragie digestive extériorisée (n=8), une diverticulite avec pour chacune des arguments pour une perforation (n=5), une anémie ferriprive (n=3), un syndrome subocclusif (n=1) et un syndrome de malabsorption (n=1). Le taux de détection des diverticules était de 100% avec l'entéroscopie optique à double ballon, de 39% avec le scanner abdominal injecté et de 19% avec la vidéocapsule endoscopique. Un traitement médical seul a été efficace chez 14 patients dont 3 cas de diverticulite. Un traitement chirurgical a été nécessaire chez 4 patients : 2 diverticulites, 1 choc hémorragique et un syndrome subocclusif. Les 2 patients opérés pour une diverticulite ont eu des complications postopératoires entrainant une prolongation de leur hospitalisation et une réintervention quelques mois plus tard. La durée médiane de suivi de notre étude était de 5 ans (0-12,3). Trois patients traités médicalement ont récidivé (16,7%) sous la forme d'une diverticulite (n=2) ou d'une anémie ferriprive (n=1). Les récidives ont évolué favorablement avec un simple traitement médical. Enfin, les diverticules diagnostiqués de manière fortuite ne se sont jamais compliqué au cours du suivi.

Conclusion

Compte tenu de l'efficacité du traitement médical, du faible taux de récidive à long terme et de la morbidité élevée liée à la résection chirurgicale de l'intestin grêle, un traitement médical est à envisager en première intention lors de complications aigues (diverticulite ou hémorragie) des diverticules jéjunoiléaux.