JFHOD

P.533 - Doit-on poursuivre les 5-aminosalicylés chez les patients atteints de maladie de Crohn traités par anti-TNFα ?

C. Yzet, R. Ungaro, B. Limketkai, J.C. Bjørn, K. Allin, J. Burisch, M. Agrawa, T. Ullman, T. Jess, J.F. Colombel

Introduction

Bien que les 5-aminosalicylés (5-ASA) ne soient pas recommandés dans le traitement de la maladie de Crohn (MC) ils sont cependant utilisés en association avec un traitement biologique chez 30 à 50% des malades (1,2). L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de l’arrêt ou de la poursuite des 5-ASA en association avec un anti-TNF alpha dans la MC.

Patients et Methodes

Les patients atteints de MC traités par anti-TNF alpha et 5-ASA ont été identifiés à partir de deux bases de données nationales : l’une Américaine (Truven MarketScan) où les données étaient disponibles de 2007 à 2016 et l’autre Danoise (Registre National de Santé) où les données étaient disponibles de 1977 à 2014. Le critère principal de jugement était l'apparition d'une complication définie par la nécessité de recours aux corticostéroïdes, d’une hospitalisation ou d’une résection intestinale. 

Résultats

Respectivement 2960 et 218 patients traités par un anti-TNF alpha et par 5-ASA ont été identifiés dans la cohorte Américaine et Danoise. Parmi eux, 1044 (35,3%) patients ont arrêté leurs 5-ASA et 1916 (64,7%) les ont poursuivis dans la cohorte Américaine et 106 (48,6%) et 112 (51,4%) dans la cohorte Danoise. Le délai de suivi médian après initiation de l’anti-TNF alpha, dans le groupe poursuite et arrêt des 5-ASA était respectivement de 325 jours (IQR 163-642) et 296 jours (IQR 166-558) dans la cohorte Américaine et de 199 jours (IQR 101-410) et 142 jours (IQR 82-336) dans la cohorte Danoise. La durée médiane de prise de 5-ASA avant initiation d’un anti-TNF alpha dans la cohorte Américaine était de 491 jours (IQR 393-638) dans le groupe poursuite des 5-ASA contre 290 jours (203-359) dans le groupe arrêt (p< 0,01). Le délai de survenue d’une complication n’était pas significativement différent entre le groupe arrêt et poursuite des 5-ASA dans la cohorte Américaine (figure 1) et Danoise (figure 2) après ajustement sur la prise d’immunosuppresseur. Il n’y avait pas de différence significative entre le groupe arrêt et poursuite du 5-ASA dans les cohortes Américaine et Danoise en termes d’utilisation de corticostéroïde (respectivement aHR=0,87, IC95% 0,74-1,03 et aHR=1,18, IC95% 0,60-2,33) ou de chirurgie (respectivement aHR=0,79, IC95% (0,49-1,29) et aHR=1,13, IC95% (0,45-2,83)). De même le taux d’hospitalisation n’était pas différent dans la cohorte Américaine mais était statistiquement plus important dans le groupe arrêt des 5-ASA dans la cohorte Danoise aHR=2,06, IC95% 1,01-4,2, p=0,05. Cependant ce risque d’hospitalisation n’était pas corrélé à la durée d’arrêt du 5-ASA.  

 

Discussion

Conclusion

L’arrêt des 5-ASA après l’instauration d’une biothérapie n’entraine pas un sur-risque de complication. Ces données suggèrent qu’il n’est pas nécessaire de continuer un traitement par 5-ASA quand un anti-TNF alpha est débuté dans la MC.

Remerciements