JFHOD

CO0 - Effets d'une supplémentation en alpha-cetoglutarate d'ornithine chez des sujets âgés sévèrement dénutris en alimentation entérale cyclique

Hébuterne Xavier, Longo F, Schneider SM, Coudray-Lucas C, Dorf G, Filippi J, Cynober L
Introduction

Il est démontré que l'alimentation entérale cyclique (AECy) est moins efficace chez les sujets âgés (SA) que chez les sujets jeunes et qu'une supplémentation en alpha-cétoglutarate d'ornithine (ACO) améliore l'état nutritionnel des SA dénutris convalescents. Le but de ce travail est de comparer les effets d'une supplémentation en ACO à ceux d'un placebo iso-azoté chez des SA sévèrement dénutris en AECy.

 

Patients et Méthodes

Des SA (> 65 ans) avec une perte de poids > 10 % et un index de masse corporelle (IMC) < 20, hospitalisés pour une AECy ont reçu en double aveugle soit 2x10 g d'ACO en une heure avant et après l'AECy (groupe A), soit 2x10 g de caséine peptigen 955® (groupe B) pendant 21 jours. A J0 et à J21, la masse cellulaire active (MCA) était mesurée par impédancemétrie et un déficit nutritionnel global (DNG) était calculé. La glutamine (GLN) et l'arginine (ARG) plasmatiques étaient mesurées avant et 4 heures après l'administration de l'ACO ou du placebo. Les résultats (moyennes ± DS) ont été comparés par le test t de Student ou par des tests non paramétriques en cas de non normalité des données.

 

Résultats

30/35 patients (78 ± 7 ans, IMC = 16,5 ± 1,9) et 33/36 patients (77 ± 8 ans, IMC = 16,5 ± 2,3) inclus dans les groupes A et B, respectivement, ont été analysés. L'origine de la dénutrition, les apports protéino-énergétiques et la tolérance étaient identiques dans les deux groupes. La MCA et le DNG étaient identiques à J0 (15,1 ± 6,3 kg et 24,6 ± 8,3 % versus 15,0 ± 7,5 kg et 23,4 ± 8,0 %) et à J21 (17,1 ± 6,7 kg et 18,6 ± 8,1 % versus 16,9 ± 7,8 kg et 18,6 ± 7,2 %) dans les groupes A et B, respectivement. L'ACO n'a pas augmenté la GLN et l'ARG plasmatiques. Chez les malades avec un IMC ≥ 16,5, la MCA s'améliorait plus dans le groupe A.

 

Conclusion

Chez des SA sévèrement dénutris, une supplémentation en ACO n'améliore pas l'efficacité de l'AECy ce qui suggère que chez les SA, la dénutrition sévère s'accompagne d'altérations majeures du métabolisme de l'ACO. Ces troubles métaboliques pourraient expliquer la moindre efficacité de la renutrition chez ces malades comparativement à des patients plus jeunes.