JFHOD

CO.144 - Efficacité de la chimioembolisation dans le carcinome hépatocellulaire avancé (BCLC stade C)

B. Teulières, H. Trillaud, F. Chermak, J.B. Hiriart, A. Debaillon-Vesque, B. Lapuyade, P. Papadopoulos,, J. Vergniol, J.F. Blanc

Introduction

 La chimioembolisation (CE) est le traitement de première ligne du carcinome hépatocellulaire (CHC) le plus utilisé dans le monde. Or, en 2008, le sorafenib a été établi comme seule option thérapeutique dans le CHC avancé (BCLC C), sans étude de haut niveau de preuve le comparant à la CE. Plus de deux tiers des patients décèdent de progression intra-hépatique, c’est pourquoi la place d’un traitement loco-régional est toujours discutée dans le CHC avancé. L’objectif principal de notre étude était de comparer, en conditions de vie réelle, l’efficacité de la CE et du sorafenib dans le CHC au stade BCLC C.

Patients et Methodes

 Un total de 298 patients atteints de CHC traités en première ligne par CE ou sorafenib présentant une thrombose veineuse hépatique et/ou une extension métastatique et/ou une altération du statut OMS (1 ou 2) imputable à la tumeur ont été inclus. Un appariement sur les principales variables pronostiques était réalisé grâce à un score de propension. Le critère de jugement principal était la survie globale.

Résultats

La réalisation du score de propension a permis d’obtenir deux groupes de 99 patients ayant une fonction hépatique et un envahissement tumoral intra-hépatique comparables. La médiane de survie globale du groupe CE (11,83 mois) était significativement meilleure que celle du groupe sorafenib (6,13 mois), avec un hazard ratio à 0,71 (p=0,023). Les facteurs indépendamment associés à la survie globale étaient un taux initial d’AFP≥400ng/ml, une CRP ≥ 50mg/l, la taille tumorale, un score OMS à 2 et un score ALBI initial à 2. Il n’y avait pas de différence significative de survie sans progression. On notait une aggravation du score ALBI plus marquée dans le groupe CE, mais plus de la moitié des patients de ce groupe avaient accès à un traitement de seconde ligne.

Discussion

Conclusion

La CE semble être une option efficace dans le CHC avancé, dont la stratégie thérapeutique est actuellement en pleine mutation, notamment avec l’arrivée du doublet atezolizumab-bevacizumab en première ligne. L’enjeu serait d’identifier des critères permettant d’orienter vers un traitement locorégional en première ligne ou vers un traitement systémique d’emblée.

Remerciements