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CO.74 - Efficacité de la radiothérapie interne sélective dans les carcinomes hépatocellulaires non opérables d’emblée : expérience d’un centre tertiaire

C. Perrin, J. Chalaye, V. Tacher, A. Luciani, H. Kobeiter, C. Hézode, F. Roudot-Thoraval, E. Reizine, E. Herin, C. Salloum, G. Amaddeo, A. Mallat, H. Regnault

Introduction

La radiothérapie interne sélective (SIRT) est un traitement innovant et bien toléré chez des patients atteints de carcinome hépatocellulaire (CHC). Bien qu’il n’y ait pas de différence de survie dans les essais de phase III en comparaison avec le Sorafenib, des données préliminaires chez des patients transplantés suggèrent que la radioembolisation intégrée dans une stratégie de réduction tumorale ou « downstaging », pourrait faciliter l’accès à un traitement curatif.

Patients et Methodes

L’objectif principal de notre étude était d’évaluer l’efficacité de la SIRT pour le downstaging d’un CHC non accessible à un traitement curatif au diagnostic. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer l’impact du downstaging sur la survie globale (SG) et la survie sans progression (SSP) ainsi que d’identifier les facteurs prédictifs de donwstaging.

Nous avons conduit une étude rétrospective monocentrique incluant tous les patients traités par SIRT à l’hôpital Henri Mondor entre octobre 2013 et juin 2017 pour un CHC jugé non opérable d’emblée après décision de réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Le downstaging était défini à l’imagerie six mois après la SIRT comme une diminution de la taille tumorale ou une dévascularisation suffisante pour proposer un traitement chirurgical après discussion en RCP, selon les critères RECIST 1.1 et mRECIST. 

Résultats

57 patients (H=88%) ont été inclus dont 48 (84%) avaient une cirrhose compensée. Les tumeurs étaient classées BCLC B et C dans 24 (42%) et 33 (58%) respectivement. La majorité des patients avaient une tumeur infiltrante (n=32, 57%) et une invasion porte (n=33, 58%). Plus de la moitié des patients recevait la SIRT en première ligne (n=33, 58%) et n’a reçu qu’une seule séance (n=35, 61%). A 6 mois de la SIRT, 42% des patients (n=24) ont obtenu un downstaging compatible avec un traitement chirurgical. Chez ces patients, 17 (71%) avaient une réponse objective selon RECIST 1.1 et 24 (100%) selon mRECIST. Parmi eux, 54% (n=13) ont pu accéder à un traitement chirurgical, 9 (69%) patients ont été transplantés et 4 (31%) réséqués. La SG était de 69±10,8% chez les patients avec downstaging contre 24±7,5% chez ceux sans downstaging (p<0,001). La SSP à 1 an était de 63% dans le groupe downstaging vs 6% chez les patients non downstagés (p<0,001). Parmi les patients downstagés, la SG était plus élevée chez les patients opérés (77±11,7%) que chez les patients non opérés (54 % ± 20,1) (p<0,001).. De la même manière, la SSP à 2 ans était de 65% dans le groupe opéré vs 0% dans le groupe de patients downstagés et non opérés (p<0,001). En analyse multivariée, seul le diabète était associé à un downstaging après SIRT (OR=4,1[1.33-12.91], p=0,014).

Discussion

Conclusion

Dans notre série, près de 40% des patients ont été donwstagés après SIRT et 54% d’entre eux ont pu accéder à un traitement chirurgical curatif. Le traitement combinant downstaging par SIRT et traitement chirurgical est associé à une SG de près de 80% à 2 ans, significativement supérieure à la survie en l’absence de downstaging. Le diabète est un facteur prédictif associé au downstaging. Ces résultats doivent être confirmés par une étude prospective. 

Remerciements